Édito du mois

les éditos du programme : N°167 - N°166 - N°165 - N°164 - N°163 - N°162 - N°161 - N°160 - N°159 - N°158 - N°157 - N°156 - N°155 ... (cliquez sur le numéro de votre choix)

 

 

167 couverture

Édito N°167

Et voilà le temps de la rentrée. Pour ceux qui n’auraient pas suivi les actualités de l’été, voici quelques événements qu’ils ont ratés.

Dans un hôpital de l'Arizona, aux Etats-Unis, 16 infirmières sont tombées enceintes sur quatre mois. A priori, aucun lien entre leurs grossesses mais espérons que des chercheurs se pencheront sur un possible effet épidémique dans ledit hôpital et ayons une pensée compatissante pour le responsable du planning qui va devoir jongler avec les congés maternité à venir.

Sans transition, quoique du domaine des bébés, une entreprise vient de mettre au point un préservatif vegan. En effet, les préservatifs classiques sont fabriqués à partir de caséine, une protéine qui vient du lait, et qui sert à rendre le latex plus souple (instructif n’est-ce pas ?). Les adeptes de ce régime alimentaire et autres défenseurs de la cause animale peuvent donc se réjouir et justement dans réjouir il y a… bref, vous avez compris l’idée.

Sans transition, quoique du domaine animalier, le maire de la ville de Briollay a pris un arrêté interdisant la présence de moustiques dans sa commune. C’est en effet l’idée qu’il a trouvé pour répondre aux interpellations des habitants qui se plaignent de ces nuisibles insectes et pour montrer son impuissance. Le plus absurde est que les micro-vampires ont été moins nombreux par la suite (la baisse des eaux stagnantes suite aux pluies de juin étant une cause potentielle).

Sans transition, quoique du domaine des nuisances, la police a enfin arrêté cette habitante de Sturovo, petite ville slovaque, qui, depuis 16 ans, diffusait via des haut-parleurs de 6h à 22h, le même extrait de La Traviata. A l'origine, cette résidente souhaitait se venger du chien d'un voisin qui ne cessait d'aboyer. Elle a néanmoins prouvé qu’avec un peu de persévérance, un bel air d’opéra peut être bien plus insupportable que d’hystériques cris d’animaux.

Sans transition, et là c’est vrai, ce tranquille mois de septembre coté ciné m’a réservé de bien belles surprises. Thriller enthousiasmant avec The Guilty, comédie engagée avec Blackkklansman, reprise exceptionnelle avec 2001 L’Odyssée de l’espace, autant de films que je vous conseille vivement. Et une mention spéciale à Shéhérazade, une romance marseillaise qui semble peu engageante au premier abord, qu’on a l’impression d’avoir déjà vue mille fois, qui va sans doute passer inaperçue… mais qui se révèle d’une puissance, d’une originalité, d’une émotion qui force l’admiration et qu’on a très envie de partager. Je vous aurais prévenu, Shéhérazade, c’est un bijou.

Dernière info, d’après un récent sondage, un américain sur 10 croit que la terre est plate. Je n’ajouterai aucun commentaire mais ça me fait penser à cette petite blagounette. Visitant un jardin botanique, une maîtresse d’école s’arrête devant un parterre de fleurs et leur explique : « vous voyez les enfants, les garçons naissent dans les choux et les filles dans les roses » ; un gamin se penche vers sa copine et lui souffle : « on lui dit la vérité ? ».

Rémi

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166 couvertureÉdito N°166

Musique : on est les champions… on est les champions… on est… on est… on est les champions. Et on est tranquille pour quatre ans.

Bon, c’est l’été, les touristes affluent par hordes dans les charmantes ruelles de Clermont l’Hérault et peuvent à tout moment tomber sur le cinéma. Voici une petite présentation à l’usage de ces non-initiés. Pour ceux qui fréquentent d’ordinaire le fleuron des salles de cinéma, plus communément appelé multiplexe, ne soyez pas dépités de constater, dubitatifs (ce n’est pas un gros mot comme l’a fait remarquer Pierre Desproges, mais si vous préférez, dites « le doute m’habite »), qu’il n’y a qu’une seule salle pour assouvir votre soif de loisir et savourer avec jubilation le doux moment d’un spectacle cinématographique. Rappelons pour l’occasion que plus de la moitié des cinémas de France (on est les champions…) sont précisément des mono-écrans (cinéma d’une salle), soit 1.200 cinémas sur les 2.000 existants, alors qu’il y a seulement 200 multiplexes (je vous arrondis les chiffres pour soulager vos neurones échauffés par l’écrasante chaleur estivale mais rassurez-vous, si vous utilisez ces données dans une conversation avec un pro du cinéma, il n’ira pas chipoter et d’ailleurs, je parie que lui-même n’en connait pas les détails). Une seule salle, donc programme des films en alternance selon les jours et les horaires, soyez vigilants.

Autre particularité de notre cinéma, pas de pop-corn ! Harrrrgle, j’en vois qui s’étranglent, qui crient à la trahison, qui « s’étalent par terre avec des spasmes de douleur » (champions du monde... voir l’édito du mois précédent pour comprendre l’allusion faite aux joueurs de foot un peu douillets). Et bien oui, il faut vous faire une raison. Ce n’est pas pour faire le malin mais chez nous, les films sont LA priorité, alors, à tout seigneur tout honneur, il ne reste plus de place pour les grignotages intempestifs et perturbateurs. En outre, l’usage fait à ces grains de maïs soufflés implique l’inéluctable et apparemment incontrôlable besoin d’en répandre une partie autour de soi dans un étalage fort peu harmonieux et des plus contrariants à ramasser, raison qui explique sans doute la raison pour laquelle les responsables s’en désintéressent royalement une fois leur forfait accompli. Pour avoir travaillé dans des temples du pop-corn et passé des journées entières, armé d’une balayette, à traquer ces maudites céréales (comble du summum de l’horreur, elles sont parfois recouvertes d’un caramel bien collant et autant vous dire que je maudis l’inventeur de cette abomination), vous comprendrez pourquoi nous nous passons de cette « friandise » qui, en plus, n’a rien de patriotique (champions du monde…).

Et pour célébrer nos héros nationaux, un petit florilèges de citations de footballeurs : « le foot, c’est comme les échecs, sans les dés » ; « le public est versatile, il faut qu’il change » ; « 2 occasions, 1 but : c’est du 100% » ; « Ayez l’indécence de ne pas me couper la parole ! »

Rémi

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165 couverture

Édito N°165

Comme déjà dit par le passé, l’avantage de cet édito un peu foutraque, c’est qu’il n’a aucune obligation à suivre l’actualité. Ce qui m’évite, entre autres sujets du moment, à commenter la coupe du monde de foot. Tant mieux parce que je n’ai rien à dire sur tous ces milliardaires qui courent après un ballon et qui s’étalent par terre avec des spasmes de douleur au moindre frôlement. Evidement, ce n’est qu’une gentille moquerie, ne m’adressez pas un carton rouge (wahou, la super blague, je vais l’homologuer). Et qui se soucie des effets du foot au niveau planétaire ? Et bien des chercheurs en économie se sont penchés sur les répercutions de cette discipline dans nos sociétés. Leur conclusion : le néant, c’est à dire que si le foot disparaissait de la surface de la terre, cela n’aurait aucun impact sur l’économie du monde. Vous vous en fichez ? OK, alors poussons plus loin. Il y a, toujours selon des chercheurs, deux conséquences majeures à une coupe de monde de foot. En premier lieu, une augmentation de l’absentéisme au travail, ce qui fait gentiment sourire (reste à savoir quelles raisons sont évoquées pour justifier ces absences). En second lieu, une augmentation des violences conjugales. Là, je suis à la limite de ma capacité de compréhension de la nature humaine. Pourquoi un individu, que nous considèrerons, en partant d’un postulat scientifique de base, comme étant ni plus ni moins intelligent ou idiot, que la moyenne, va s’en prendre physiquement à la personne de son quotidien sous prétexte qu’il a une frustration lié au déroulement ou au résultat d’un match dans lequel il n’a aucune influence ? Je n’arrive pas à conceptualiser cette action-réaction. Bon, j’ai déjà compris le principe du hors-jeu, à savoir quand un joueur prend part à une action dans le jeu, avant le départ de la baballe et qu’il se situe devant les joueurs adverses (simplissime n’est-ce pas). Le hors jeu n’étant pas, comme je l’ai longtemps cru, le fait de sortir du jeu, pour aller boire un coup, passer un coup de fil ou discuter avec son coach. Ce qui n’empêche que je n’arrive jamais à les repérer ces hors jeu, et c’est d’ailleurs à cette occasion que je comprends enfin l’intérêt des commentateurs sportifs qui eux, les repèrent dare-dare et justifient alors leur salaire.

Par contre, il est un autre sujet dont je voulais vous parler. Le cinéma a mis en ligne un nouveau joli site internet qui en est à ses balbutiements. N’hésitez pas à nous faire vos remarques, commentaires et suggestions pour que nous puissions l’améliorer et satisfaire à vos attentes. Essayez quand même de ne pas nous demander des changements trop complexe, notre super stagiaire (Alexandre, si tu nous écoutes, salutations amicales) qui l’a mis en place à terminé son passage au cinéma. Et l’équipe restante ne maîtrise pas toutes les subtilités techniques de la chose. Donc vos avis, oui ; des améliorations, certes ; mais pas de trucs trop compliqués, pitié !
Et comme l’a dit ce joueur de foot plein de bonnes intentions dont nous tairons le nom par charité : « La coach m’a demandé de prendre les intervalles.. heu pardon, les intervaux. »

Rémi

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image edito164

Édito N°164

Si on dit d’un héros qu’il s’agit d’une personne qui se distingue par ses exploits, l’actualité nous en a donné deux bels exemples ces derniers jours.

Il y a bien sur Mamoudou Gassama, dit « l’homme araignée », qui a escaladé quatre étages d’un immeuble pour sauver un enfant suspendu à un balcon. Comme tout c’est bien terminé, on peut regarder les images, étonnantes et un peu cocasse, en particulier les nombreux autres sauveteurs improvisés qui, fermement accrochés aux grilles de l’immeuble, n’ont pas dépassé le rez-de-chaussée. On dit que c’est l’intention qui compte, que l’important c’est de participer, mais là, messieurs, ça frôle le ridicule. Mamoudou va recevoir une quelconque médaille du mérite. Il est surtout question de régulariser sa situation car Mamoudou est un jeune malien sans-papiers. Une histoire qui se termine bien, pour une fois, ne boudons pas notre plaisir et notre solidarité.

Il y a aussi James Harrison, un australien de 81 ans, surnommé « l’homme au bras d’or ». James a donné son sang pendant soixante ans, au rythme d’un prélèvement tous les dix-neuf jours, quasi le maximum autorisé. A souligner que James déteste le piqûre, ce que je comprends bien, j’ai personnellement fait un malaise pour cette raison il n’y a pas si longtemps. Pourquoi James c’est infligé cette contrainte aussi souvent ? Il se trouve que le sang de James à une particularité, celui de contenir des anticorps spécifique, des anti-D, extrêmement rares. Ils permettent de lutter contre une maladie, la MHN, qui touche les femmes enceintes et qui affecte les nouveau-nés. C’est fin des années 1960, qu’on a découvert l’incroyable particularité du sang de James. Des médecins ont alors élaboré un médicament dont la composition contient une partie du propre sang de James. Ça n’a l’air de rien mais au final et avec les années, les services de santé estime que James a sauvé la vie d’environs 2,4 millions de bébés. Aujourd’hui, quand on lui demande ce que lui inspire le fait d’avoir sauvé autant de vie, il répond avec une sincère humilité et une dose humour : « C’est probablement mon seul talent ». Il y a quelques jours, James a donné son sang pour la 1173e et ultime fois, car l’octogénaire a atteint l’âge limite pour ces don de sang, fixé à 80 ans. Alors, peut-on considérer James comme un héros ? Le fait d’avoir contribué, via ces 1173 don du sang, à sauver 2,4 millions de bébés, est-il un exploit ? Nous allons dire que oui, à moins que quelqu’un est des arguments contradictoires à opposer. Mais il va falloir sacrément bien les défendre, et convaincre tous ces bébés devenues grand du contraire.

Et comme le dit cette pensée philosophique : « La forme des pyramides, nous rappelle que les hommes ont toujours au tendance à en faire de moins en moins. »

Rémi

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163 couverture

Édito N°163

Ce mois-ci, un édito un peu particulier, puisque nous avons reçu ce dernier par… courrier !

En effet, pas plus tard que la semaine dernière, quelle ne fut pas notre surprise quand nous trouvâmes dans notre boîte aux lettres une missive de… Maryse.

Maryse s’y présente comme une fervente habituée du Cinéma Alain Resnais, et ce depuis des années. Elle nous parle de ses films préférés, de festivals, de soirées spéciales qui l’ont marquée, puis soudain, sans détour, nous fait une véritable déclaration d’amour, sous la forme d’un poème, sans peur, ni gêne. Autant vous dire qu’il ne nous a pas laissé indifférent, et qu’on ne pouvait faire autrement que de vous le présenter, en version non censurée :

Au Cinéma Alain Resnais, j’ai tout fait : j’ai ri, j’ai pleuré, j’ai dansé, j’ai éternué.
Chez moi, dans mon foyer, j’étouffais : j’ai pris, j’ai paré, j’étais désemparée, j’ai donné.
Aujourd’hui je peux le dire, aujourd’hui je peux en rire,
Ce n’est pas Omar qui m’a tuer, c’est Alain qui m’a sauvé.
Quand je me sentais sale, Alain Resnais, c’est vers toi que j’allais,
Quand je me sentais seule, c’est dans ta salle que je m’enfermais.
Et contrairement à certains que je ne nommerai point, tu as toujours été là, toi, mon cinéma.
Un coup de spleen ? Et hop, c’est l’art en bobine.
Un coup de grisou ? Tiens, si j’allais voir Timbuktu.
Paralysé par un mal de dos ? Ouf, voilà Rémi et son édito.
Rémi, tu m’as toujours fait rire. Grâce à toi et à ton cinéma, j’ai évité le pire.
Au Cinéma Alain Resnais, j’ai voyagé. Tous les Harry Potter, les 50 nuances de Grey.
Au Cinéma Alain Resnais, j’ai rêvé. Les Belle et Sébastien, et les films de François Cluzet.
Bref, au Cinéma Alain Resnais j’ai tout oublié, ma vie, mes ratés, mon passé,
Et c’est pour cette raison que je ne te remercierai jamais assez.
Grâce à toi, mon cinéma, j’ai su aller de l’avant,
Tout en serrant les dents, et ta carte d’abonnement,
J’ai pu tirer un trait, en me projetant dans ton écran.
Je t’envoie des baisers, Ô mon Alain Resnais, pour ta patience, ta bienveillance,
Tes leçons de self-défense et les horaires de tes séances.
Mille Bises,

Maryse

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162 couvertureÉdito N°162

pas d'édito dans ce programme

 

 

 

 

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161 couvertureÉdito N°161

La chanson dit que « Les histoires d’amour finissent mal… en général ». Mais faut dire aussi que, des fois, on se complique drôlement la vie. Tenez, dans le très beau La Forme de l'eau, une jeune femme muette, ce qui n’est pas un problème en soi, tombe amoureuse d’un être aquatique en écailles qui ne s’exprime que par des cris gutturaux incompréhensibles, ce qui devient carrément problématique. Bon, évidemment tout est contre eux, personne n’imagine une possible idylle, bref, un amour impensable, en raison de leurs indéniables différences. A moins que, peut-être, qui sait, avec la magie du cinéma...

Vous l’aurez noté, je suis baba devant ces romances utopiques. Tenez, l’un de mes films fétiches, c’est King Kong. Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de détailler en quoi l’amour du gros singe primitif et de la blonde poupée citadine est désespérément voué à l’échec, leur différences sociale et culturelle n’étant pas le moindre des écueils à surmonter. N’empêche, cette histoire m’a toujours arraché les larmes, en particulier la version de 1976 avec Jessica Lange dans le rôle de la blonde (encore merci Arnaud, mon graphiste frère aîné, de m’avoir amené au cinéma ce jour-là). Même que j’étais tombé amoureux d’elle, du haut de mes 8 ans, et je contemplais longuement, émerveillé, sa photo collée sur le mur de ma chambre d’enfant (véridique). Je n’ose pas imaginer ce qu’un psy décortiquerait de mon inconsciente identification à Kong, archétype de l’amoureux maladroit, balourd, incompris, mais sincère, attentionné, protecteur. Tout moi, sans les poils et le mugissement beaucoup moins effrayant.

Bon, rassurez-vous, il n’y a pas que des histoires d’amour maudites dans le panthéon de mes films fétiches. Il y en a aussi qui finissent bien. Dans l’Etrange Noël de Mr Jack, comment vous dire le déchirement que je ressens quand la douce Sally entonne sa complainte, elle qui couvre son Jack de mille attentions pendant tout le film avant que le nigaud ne se décide enfin à la remarquer : « Saura-t-il un jour m’offrir son amour ? / Saurais-je lui plaire ? / Ce n’est pas mon destin / Et je l’espère... en vain ». C’est trop beau, les yeux me piquent (re-véridique).

Bref, je vous conseille vivement La Forme de l'eau, bien que mes lacrymales arguments ne sont peut-être pas les plus convaincants. Pas ma faute si je fond devant toutes les belles histoires d’amour dont regorge ce programme, de Tout le monde debout à Phantom Thread, en passant par le formidable Call me by your name.

Reste à savoir pourquoi l’idée de l’amour fait pleurer alors qu’elle devrait rendre heureux (soupir d’impuissance devant l’incommensurable incompréhensible mystère des sentiments humains).

Et comme l’a écrit Maurice Druon : « En amour, il ne suffit pas d’avoir les mêmes désirs, encore faut-il les exprimer au même moment » (re-re-véridique).

Rémi

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160 couvertureÉdito N°160

Vous trouverez dans ce programme le nouveau film de Woody Allen et peut-être le dernier de sa carrière. Dans le contexte des traitements discriminants faits aux femmes, voilà qu’une accusation d’agression visant le cinéaste et vieille de 25 ans refait surface. Rappel des faits. Mia Farrow, actrice et ex-femme de Woody, n’a jamais supporté qu’il se marie avec la fille adoptive qu’elle avait eu avec son mari suivant (vous suivez ?). Depuis, elle le décrit comme un abominable pervers et l’accuse en particulier d’avoir agressé leur propre fille adoptive lorsqu’elle avait 7 ans. A l’époque, les enquêtes de deux agences indépendantes spécialisées dans les droits des enfants avaient conclu qu’il n’y avait pas eu d’abus et qu’au contraire, il était probable que l’enfant ait été manipulé par une mère très en colère contre son ex-mari. Affaire aujourd’hui relancée par le clan Farrow, dans un contexte pour le moins opportun, et qui vaut au cinéaste d’être exclu du milieu du cinéma. S’il est coupable, la sanction est sans doute légitime. S’il est innocent, tant pis, ça ne change rien, on l’exclut quand même, ne prenons aucun risque. Une chose est sûr, à tort ou à raison, Mia Farrow a fini par gagner. Et nous, qu’allons-nous faire ? Ne plus jamais voir un film de Woody Allen, au cas où ce serait bien un sale pervers ? Ne plus jamais voir un film de Mia Farrow, au cas où se serait une sale manipulatrice ? Alors à vous de décider si vous voulez voir Wonder Wheel, le nouveau et potentiellement dernier film de Woody Allen.

Dans le même contexte, en plus léger, quelques féministes ont proposé de boycotter le conte La Belle au bois dormant. Oui, on est bien toujours dans ce contexte des abus faits aux femmes. Vous ne voyez pas le rapport ? Mais parce que le baiser du prince posé sur la princesse assoupie n’est pas consenti. Vous pensez que je plaisante mais c’est véridique. Bon, la réalité est un poil plus compliquée. C’est une avocate anglaise qui a soulevé le problème, lorsqu’elle a entendu son jeune fils s’exclamer, en lisant le livre, que les garçons pouvaient embrasser les filles quand elles dormaient. D’où le questionnement sur le consentement de la jeune fille et sur le message véhiculé par le conte, questionnement certes tiré par les cheveux mais non dénué d’un certain raisonnement.

Enfin, pour conclure sur le sujet, l’apothéose nous vient de Suède avec le fameux Contrat de Consentement Sexuel : « Madame, Monsieur, si vous voulez bien coucher avec moi, pouvez-vous me l’écrire, svp ? ». Ce n’est encore qu’un projet de loi mais sachez qu’il concernera tout acte de cette nature, même dans les couples mariés. Pour les très actifs réfractaires à la paperasse, un point positif, un simple consentement verbal serait valable. Le projet de loi parle aussi des « actes sexuels par négligence », mais là, j’ai rien compris.

Parole à Woody : « L’éternité, c’est long. Surtout vers la fin. » ; parole à Mia : « J'ai les enfants les plus merveilleux. Je suis très heureuse. »

Rémi

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159 couvertureÉdito N°159

Bien que la nouvelle année soit déjà fort entamée, on continue à nous bassiner avec les fameuses « bonnes résolutions ». Cela dit, c’est inscrit dans nos gènes puisque cette coutume date des Babyloniens (-500 ans) qui prenaient des engagements devant les dieux pour rembourser leurs dettes. Evidemment, pas au 1er janvier vu que le calendrier n’était pas encore celui qu’on connait, le petit Jésus n’était pas encore descendu sur terre. Néanmoins, la coutume s’est propagée et elle est devenue une occupation incontournable aux premiers jours de l’année.

Malheureusement, force est de constater qu’à peine 10 % des personnes interrogées semblent tenir ses engagements. Selon l’auteur d’une étude, il y a égalité des sexes face à ces échecs mais pas pour les mêmes raisons. Les garçons auraient tendance à avoir les yeux plus gros que le ventre en se promettant l’impossible (au moins trois séances de piscine par semaine). Les filles, plus raisonnables sont aussi plus mystérieuses (tient donc !) et gardent secrètes leurs résolutions, ce qui leur permet de ne pas avoir à se justifier si elles échouent (pas bête).

Quelques petites astuces pour respecter ces bonnes résolutions.

D’abord, n’en prendre qu’une. Parce que, arrêter de fumer, tout en se privant de chocolat pour le régime et faire une séance d’abdominaux quotidienne, c’est une vraie punition qui doit cacher des crimes horribles faits durant l’année précédente.

Ensuite éviter de reprendre toujours les mêmes résolutions. C’est une forme subtile de masochisme que de ressasser tous les ans les échecs des années passées. C’est pourquoi il faut se fixer des objectifs raisonnables, plus faciles à réaliser et qui permettent de se féliciter du chemin accompli.

Enfin, dernier bon conseil, donnez-vous des résolutions positives, voir qui procurent du plaisir. Par exemple, plutôt que de vous contraindre à perdre du poids, promettez-vous d’être plus séduisant. Et de faire des emplettes si nécessaire pour accentuer cet objectif (c’est quand même plus motivant que de se promettre de ne plus manger de dessert).

Quoi qu’il en soit, les bonnes résolutions marquent, avec plus ou moins de bonheur et d’ambition, l’idée qu’une nouvelle année est l’occasion de tenter d’être meilleur et de faire mieux que par le passé. C’est très noble comme réaction. Mais surtout, n’oubliez pas qu’une bonne résolution se prend pour soi et pour son bien-être, pas pour faire plaisir aux autres. Là c’est certain, le chocolat noir a définitivement écrabouillé la séance d’abdominaux. Une suggestion pour finir, venez au cinéma vous gaver de films. Un grand merci en passant pour votre fidélité en 2017 qui a encore été une année extraordinaire.

« Une carrière, c’est fantastique, mais on ne peut pas se blottir contre elle la nuit quand il fait froid ». Marilyn Monroe

Rémi

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158 couvertureÉdito N°158

Cette fois, la police hésite pour évaluer la foule, à savoir entre huit cent mille et un million de personnes qui se seraient rendu sur le parcours de cortège de Johnny Hallyday le samedi 9 décembre (tient, mon correcteur orthographique ne connaît pas ce nom et moi je galère pour placer les "y" au bon endroit, désolé Jean-Philippe avec des "i"). Vous vous rendez compte, un million, de quoi faire pâlir de jalousie un bon nombre d'organisateurs de manif. Et que dire des quinze millions de téléspectateurs devant leur petit écran pour suivre la procession. Alors pas besoin d'être un fan convaincu pour faire preuve de respect devant ce fervent élan de partage, comme cela se produit à d'épisodiques occasions, une coupe de monde de foot ou un film hors norme (genre Intouchables et ses vingt millions d'entrées). Aujourd'hui, le décès d'une vedette que trois générations ont écouté déclenche un déferlement d'hommages et la ressortie d’images d’archive de haut vol. J’aime bien celle où, à l’arrivée d’une étape du Paris-Dakar auquel il participait, il a eu cette phrase pleine de sagesse : « Si on n'avait pas perdu une heure et quart, on serait là depuis une heure et quart ».

A souligner tout de même le ridicule de journalistes cherchant désespérément l'originalité. L'un d'eux est allé questionner le gérant d'une chaîne de lunettes dont Johnny a fait la pub quelques temps. Sérieusement, qu'est-ce qui a bien pu se passer dans le cerveau de ce journaliste pour imaginer qu'un vendeur de lunettes allait enrichir l’émotion générale de ses commentaires optico-publicitaires ? J'ai presque de la compassion pour l'interviewé qui a répondu que "sa voix (celle de Johnny) resterait dans nos mémoires". A sa place, j'aurais été tellement désappointé que j'en serais resté sans (voix). Cela dit, ladite marque de lunettes a estimé que Johnny a « décomplexé les presbytes », les veinards. Et oui, c’est ça la force des vrais stars, nous soulager de maux qu’on ne pensait pas avoir. Ce qui me fait penser à cette définition de la vie en couple : être à deux pour régler des problèmes que l’on n’aurait pas eu tout seul.

En tout cas Johnny, je n'ai jamais acheté l'un de tes disques et je ne connais aucune de tes chansons par cœur, je n'ai pas baptisé mes enfants Tennessee ou Laura, je n'ai pas allumé le feu, ni franchi les portes du pénitencier, je ne sais pas d'où vient la musique que j'aime, mais une chose est sûre, on n'oubliera pas ton nom.

Et comme il a dit : « Ce qui me rend heureux, c'est d'être heureux. ». Salut l’artiste.

Rémi

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157 couvertureÉdito N°157

Quand je lis un bon livre, j’aime bien me noter les mots dont la définition m’est inconnue ou approximative. Par exemple, « pusillanime », mot que j’ai déjà croisé sans savoir précisément ce qu’il signifie. Définition : « qui manque d’audace, de courage ». Bon, en fait, c’est mon médecin qui m’a dit que j’étais un patient pusillanime, suite aux aïe aïe aïe que je roucoulais pendant une consultation. Apparemment, il m’a trouvé un peu trop douillet, me rappelant, pour me faire taire, que fut un temps on amputait sans anesthésie sur les champs de bataille. Effectivement, je n’ai aucun doute que les hurlements qui en découlaient n’avaient rien d’exagéré. J’aurais pu lui rétorquer que son auscultation était une « géhenne », c’est à dire une souffrance intense, mais là, j’avoue que cela aurait été un poil exagéré et il m’aurait renvoyé à mon pusillanime.

Cela m’a fait penser à « foucade ». Définition : « impulsion vive, comportement capricieux ». Je l’ai évité de peu celui-là. C’est par contre la défense pathétique que pourrait tenter quelques malotrus pour justifier des gestes indécents. « – Monsieur, que fait votre main sur ma cuisse ? – Oh pardon, c’est une foucade ». Ben voyons. En tout cas, on peut « morigéner » sans limite dans cette situation, à savoir « adresser des réprimandes ».

Autre mot qui m’a bien amusé, « agreste ». Synonyme : « inculte, grossier ». Une bonne occasion de lancer une insulte avec classe et subtilité car la personne que vous traitez d’agreste, risque fort de ne pas savoir de quoi il s’agit. Attention néanmoins aux effets secondaires. Dans le doute, elle peut prendre cela pour quelque chose de beaucoup plus humiliant et vous en vouloir encore plus.

Un petit dernier pour finir, lu dans une critique sur le film Hellboy conseillé aux « tératophiles », soit les personnes qui ont « une attirance pour les monstres, les personnes difformes ». Tout le problème, c’est qu’il n’y a pas trop d’occasion pour sortir ce mot savant. Et engager une discussion entre amis sur le thème des monstres juste pour pouvoir placer ce tératophile, c’est quand même drôlement tiré par les cheveux.

Le plus important, c’est d’enrichir son vocabulaire. Et cela permet, quand le docteur vous fait son ordonnance, de saisir un peu mieux toutes les subtilités de son diagnostic.

Et comme l’a dit Woody Allen : « l'avantage d'être intelligent, c'est qu'on peut toujours faire l'imbécile, alors que l'inverse est totalement impossible ».

Rémi

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156 couvertureÉdito N°156

Dans une revue destinée aux exploitants de cinéma, Le Film Français, un article a attiré mon attention. Il s’agit du long combat mené par Sarah Deming, une simple spectatrice mais au tempérament, disons, pointilleux.

Tout commence un jour de septembre 2011, quand Sarah Deming, sortant de la projection du film Drive de Nicolas Winding Refn, décide de porter plainte contre le distributeur du film et la salle de cinéma au motif qu’elle aurait été trompée par sa bande-annonce (ou FA pour film-annonce). En effet, à la vue du FA, elle pensait voir un film de courses-poursuites façon Fast & Furious, ce qui n’est pas, effectivement, l’esprit du film de Nicolas Winding Refn. Bon, pour faire vite, un premier juge refuse sa plainte qu’il considère comme injustifiée. Sarah, un poil procédurière, en demande un second, obtient un procès, mais le tribunal la déboute en 2013. Manifestement insatisfaite et mauvaise perdante, son avocat saisit la Cour Suprême et en profite au passage pour étendre la plainte au producteur, au réalisateur et à l’acteur principal. La Cours Suprême décide, en janvier 2017, de définitivement débouter Sarah Deming de ses allégations, pardon, de ses accusations, estimant qu’une bande-annonce est « un moyen d’expression artistique protégé à ce titre par le premier amendement ». Ouf !

Certes, nous avons tous ressenti un jour l’impression d’être trompé par une bande-annonce, mais à part Sarah Deming, personne n’avait songé à en faire une affaire d’état. Pour votre culture générale, sachez que les FA sont de la responsabilité du distributeur qui fait généralement appel à des sociétés spécialisées pour les concevoir. En temps qu’outils promotionnels, les FA sont élaborés au terme d’une réflexion plus ou moins longue et fructueuse, leur conception pouvant aller de quelques jours à quelques mois. Enfin, dans de rares cas, un réalisateur peut lui-même s’en occuper, mais ce n’est pas l’usage.

Le plus important, c’est l’utilisation qui en est faite dans les cinémas. Dans certains circuits de salles de cinéma, les distributeurs payent le passage des FA, s’il en a les moyens, et choisit donc leur diffusion. Dans d’autres cinémas, cette diffusion est gratuite et c’est alors la salle qui décide quel FA elle présente avant quel film. Vous l’aurez compris, c’est bien entendu cette méthode que nous utilisons dans notre salle et nous y apportons une attention particulière. Seul bémol, nous ne maîtrisons pas le message des FA et nous n’avons pas toujours vu les films. Mais, et c’est ce que je voudrais dire à Sarah Deming, nous estimons que les spectateurs ont l’intelligence, ou le simple bon sens, pour faire la part des choses et aiguiser leur sens critique à la vue d’un FA.

Et comme l’a dit Staline : « Là où il y a des hommes il y a toujours des problèmes. Plus d'hommes, plus de problèmes. »

Rémi

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155 couvertureÉdito N°155

Certains d’entre vous nous ont judicieusement fait remarquer une bizarrerie dans le précédent programme. En effet, le numéro 154 affichait fièrement en couverture le film Le Redoutable avec Louis Garrel grimé en Jean-Luc Godard. Sauf que le film n’était pas dans le programme 154. D’où une légitime incompréhension dans le registre : serait-ce un message subliminal, une pré-annonce un peu tordue pour nous aguicher, un hommage détourné pour JLG… ? En fait, pas de double sens, de sens caché, de sens tout court. Ce n’est qu’une coquille involontaire. La joie de la programmation c’est que jusqu’à la dernière minutes, tout changement est possible. En l’occurrence, ce cher Redoutable, bien que parfaitement prévu dans la programmation à venir, a été décalé le jour du bouclage, avec, dans la précipitation, un gros oubli de ma part, sa présence en couverture. Parfois, c’est ce qu’on a devant les yeux, bien gros, bien visible, qu’on ne voit pas.

Sans transition, connaissez-vous la cérémonie des Ignobels (Ignoble Nobel), créée en 1991 à l’Université d’Harvard ? C’est un pastiche bon enfant des Nobels qui récompense des recherches scientifiques improbables ou saugrenues, et dénonce au passage l’incompétence de certains scientifiques. Attention, les lauréats sont parfois des personnalités reconnues, comme Paul Geim qui reçut en 2000 un Ignobel pour son étude sur l’utilisation d’aimants destinée à faire léviter des grenouilles et qui en 2010 a obtenu un véritable Nobel pour ses travaux sur le graphène.

Pour cette édition de septembre 2017, des Ignobels ont été décernés, en vrac, aux études sur les raisons qui font que les hommes âgés ont de grandes oreilles (un petit pas pour l’homme, aucun pour l’humanité), sur les jumeaux homozygotes qui ne parviennent pas à se distinguer eux-mêmes sur les photos (une fois j’ai cru me reconnaître sur une photo de Kyle MacLachlan mais en fait non), sur les liquides qui coulent des tasses en particulier lorsqu’on marche à reculons (ce que nous faisons tous évidement) ou encore celle qui montre qu’avoir un contact avec un crocodile vivant augmente la volonté de parier de l’argent (qu’est-ce que ça peut vouloir dire, mystère).

Soyons fiers, la France a décroché deux prix. Le premier pour une étude sur une question existentielle : « le chat peut-il être à la fois solide et liquide ». Pas de réponse définitive pour le moment, la capacité des félins à s’installer dans des contenants reste inexpliquée. Le second pour des recherches sur « les structures cérébrales impliquées dans l’aversion aux fromages qui puent ». L’expérience montre que les personnes réfractaires ont une activité plus importante au niveau du circuit de la récompense. Ce qui, vous en conviendrez, a autant de sens que d’intérêt.

Reste la grande énigme à percer : « pourquoi des scientifiques se posent de telles questions ».

« La théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c’est quand tout fonctionne et qu’on ne sait pas pourquoi. Parfois on réunit théorie et pratique. Rien ne fonctionne et on ne sait pas pourquoi » Albert Einstein

Rémi

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