Édito du mois

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169 couvertureÉdito N°169

Je croise un ami et il me lance la question fatidique : « comment ça va ? »

Dans ma tête, une légère panique me tétanise un quart de poil de seconde durant laquelle une série de flashs s’illumine dans ma tête. J’ai oublié un petit mouchoir en papier dans ma lessive du jour, tous mes habits sont plein d’une espèce de neige qui s’est collée dans les recoins les plus insidieux et j’ai passé une bonne heure à tenter d’épousseter mon linge avant de capituler devant l’ampleur de la tâche à la troisième chaussette. En plus, je n’y voyais rien suite à une ampoule qui a grillé dans ma salle de bain, que j’ai, bien entendu, voulu changer et qui m’a malencontreusement glissé des doigts pour aller se fracasser en mille morceaux derrière un petit meuble particulièrement difficile d’accès. J’ai dégainé mon aspirateur qui ne m’a été d’aucune utilité parce que le sac était plein et que l’appareil était incapable d’aspirer quoi que ce soit (vous vous doutez bien à ce stade de mes aventures matinales que je n’avais plus de sacs de rechange). Et comble de l’horreur, j’ai oublié de recharger la batterie de ma cigarette électronique qui ne pouvait donc pas m’apporter cette illusion d’un sentiment d’apaisement dont j’aurais bien eu besoin.

Donc, à la question « comment ça va », cette série de contrariétés me vient en tête et j’ai spontanément envie de m’écrier « Aaaaarrh, ça va pas du tout !!! ». Un autre jour lointain, une autre connaissance m’avait demandé comment j’allais en sachant bien que, pour des raisons trop longues à expliquer, j’étais dans une phase de déprime visible comme le nez au milieu du visage. Je m’étonnais donc que la dite connaissance me pose cette question puisqu’elle avait la réponse devant les yeux et pas vraiment envie d’en connaître les détails. Elle s’est justifiée en m’expliquant que c’était par politesse. Je t’en foutrais moi de la politesse dans ces moment-là, et je le lui ai bien fait comprendre (j’ai volontairement omis son anniversaire à l’époque, vous voyez comment je peux être super cruel).

Revenons à l’histoire qui nous occupe. Si vraiment il est question de politesse avec ce banal « comment ça va », on pourrait imaginer que la personne qui le demande s’inquiète sincèrement de votre état d’âme et brûle d’envie de vous réconforter en cas de réponse négative. Sauf que dans la réalité, tout le monde s’en fiche et personne ne s’attend à vous entendre déblatérer vos soucis du moment. Ce n’est en fait qu’une inoffensive phrase d’introduction.

Donc, soucieux de ne pas outrepasser les codes des relations sociales de base, je me suis contenté de répondre, laconique, presque désabusé : « Oh… ça va ». Et de conclure en mon for intérieur que j’ai un talent inné pour me prendre la tête sur des détails sans intérêt.

Et comme l’a dit Philippe Geluck : « Une bouteille à moitié vide est aussi à moitié pleine. Mais quelqu’un à moitié intelligent est généralement complètement con. »

 

Rémi

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168 couvertureÉdito N°168

La plainte stridente d’une perceuse à percussion résonne entre les murs du cinéma, vrille frénétiquement à mes tympans et perturbe légèrement ma concentration au moment de rédiger ces quelques lignes. Outre ma fâcherie légendaire avec l’orthographe, heureusement encadrée par une cohorte de correctrices chevronnées (en majorité des dames, donc je féminise et j’entorse en toute conscience à la règle), vous me pardonnerez si je fais quelques erreurs de syntaxe ou si je me fourvoie dans des chemins incompréhensibles, pas de panique, ce n’est qu’un dommage collatéral dû à ces vrombissements perturbateurs et parce que je suis ébahi d’apprendre qu’un kenyan a fait un marathon en 2h02 (soit une vitesse moyenne de 21 km/h), nouveau record du monde car c’est sûr la terre est plate même si, personnellement, je préfère les oeufs mimosa.

De menus travaux sont en cours au cinéma, donc. Des petites choses que je vous laisse découvrir au fur et à mesure de vos prochaines visites, certaines évidentes (souriez, vous êtes filmé), d’autres moins flagrantes (tiens, l’eau ne passe plus à travers les tuiles qui ont donc été changées). Et ce gros trou dans le mur pour passer tous ces câbles, ce trou béant à travers le béton renforcé, ce béton qui n’effraie ni l’homme, ni la machine, cet homme-machine qui perce pourfend pénètre, et tourne la mèche et baby-boom dans la tête, allô maman bobo, j’ai dix ans, je vis dans les sphères et les mistrals gagnants, l’oeil était dans la tombe et regardait cahin-caha.

Un grand bravo à toutes les équipes qui sont intervenues pour effectuer ces tâches diverses et parfois périlleuses, merci à nos voisins du Secours Populaire d’avoir offert le café du mardi (malencontreusement omis), malgré tous les désagréments que nous leur avons causés (au secours !) comme quoi, c’est chouette d’avoir des voisins et des cousins et des coussins et des cousssssins.

Tous ces modestes mais utiles aménagements ne vont pas radicalement bouleverser vos futures expériences cinématographiques au cinéma Alain Resnais mais vont néanmoins améliorer, tant votre confort que celui de l’équipe du cinéma. Équipe récemment renforcée par des forces vives, jeunes et jolies, nouveaux espoirs d’un avenir meilleur qu’une génération pleine de foi et d’énergie se destine à remplacer les places fatiguées et vieillissantes auxquelles nous nous accrochons, dans l’espoir d’arriver à une retraite à taux plein pour pouvoir cotiser aux diverses caisses imposées et quoi ma caisse, qu’est-ce qu’elle a ma caisse, elle te plait pas ma caisse ???

En parlant de fatigues vieillissantes, une pensée chaleureuse a tous ceux qui récupèrent d’éventuels aléas de santé. Les chats dansent quand les souris ne sont pas là mais la caravane aboie. Et le trou béant grandit, le béton cède, la poussière redevient poussière et enfin, le jour succombe à la nuit et je m’en vais, épuisé mais pourquoi pas.

Et comme j’expliquais à cet ami qui me faisait la tête : « je suis désolé de t’avoir blessé en te disant que tu es un imbécile ; j’étais persuadé que tu le savais déjà ».

Rémi

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167 couverture

Édito N°167

Et voilà le temps de la rentrée. Pour ceux qui n’auraient pas suivi les actualités de l’été, voici quelques événements qu’ils ont ratés.

Dans un hôpital de l'Arizona, aux Etats-Unis, 16 infirmières sont tombées enceintes sur quatre mois. A priori, aucun lien entre leurs grossesses mais espérons que des chercheurs se pencheront sur un possible effet épidémique dans ledit hôpital et ayons une pensée compatissante pour le responsable du planning qui va devoir jongler avec les congés maternité à venir.

Sans transition, quoique du domaine des bébés, une entreprise vient de mettre au point un préservatif vegan. En effet, les préservatifs classiques sont fabriqués à partir de caséine, une protéine qui vient du lait, et qui sert à rendre le latex plus souple (instructif n’est-ce pas ?). Les adeptes de ce régime alimentaire et autres défenseurs de la cause animale peuvent donc se réjouir et justement dans réjouir il y a… bref, vous avez compris l’idée.

Sans transition, quoique du domaine animalier, le maire de la ville de Briollay a pris un arrêté interdisant la présence de moustiques dans sa commune. C’est en effet l’idée qu’il a trouvé pour répondre aux interpellations des habitants qui se plaignent de ces nuisibles insectes et pour montrer son impuissance. Le plus absurde est que les micro-vampires ont été moins nombreux par la suite (la baisse des eaux stagnantes suite aux pluies de juin étant une cause potentielle).

Sans transition, quoique du domaine des nuisances, la police a enfin arrêté cette habitante de Sturovo, petite ville slovaque, qui, depuis 16 ans, diffusait via des haut-parleurs de 6h à 22h, le même extrait de La Traviata. A l'origine, cette résidente souhaitait se venger du chien d'un voisin qui ne cessait d'aboyer. Elle a néanmoins prouvé qu’avec un peu de persévérance, un bel air d’opéra peut être bien plus insupportable que d’hystériques cris d’animaux.

Sans transition, et là c’est vrai, ce tranquille mois de septembre coté ciné m’a réservé de bien belles surprises. Thriller enthousiasmant avec The Guilty, comédie engagée avec Blackkklansman, reprise exceptionnelle avec 2001 L’Odyssée de l’espace, autant de films que je vous conseille vivement. Et une mention spéciale à Shéhérazade, une romance marseillaise qui semble peu engageante au premier abord, qu’on a l’impression d’avoir déjà vue mille fois, qui va sans doute passer inaperçue… mais qui se révèle d’une puissance, d’une originalité, d’une émotion qui force l’admiration et qu’on a très envie de partager. Je vous aurais prévenu, Shéhérazade, c’est un bijou.

Dernière info, d’après un récent sondage, un américain sur 10 croit que la terre est plate. Je n’ajouterai aucun commentaire mais ça me fait penser à cette petite blagounette. Visitant un jardin botanique, une maîtresse d’école s’arrête devant un parterre de fleurs et leur explique : « vous voyez les enfants, les garçons naissent dans les choux et les filles dans les roses » ; un gamin se penche vers sa copine et lui souffle : « on lui dit la vérité ? ».

Rémi

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166 couvertureÉdito N°166

Musique : on est les champions… on est les champions… on est… on est… on est les champions. Et on est tranquille pour quatre ans.

Bon, c’est l’été, les touristes affluent par hordes dans les charmantes ruelles de Clermont l’Hérault et peuvent à tout moment tomber sur le cinéma. Voici une petite présentation à l’usage de ces non-initiés. Pour ceux qui fréquentent d’ordinaire le fleuron des salles de cinéma, plus communément appelé multiplexe, ne soyez pas dépités de constater, dubitatifs (ce n’est pas un gros mot comme l’a fait remarquer Pierre Desproges, mais si vous préférez, dites « le doute m’habite »), qu’il n’y a qu’une seule salle pour assouvir votre soif de loisir et savourer avec jubilation le doux moment d’un spectacle cinématographique. Rappelons pour l’occasion que plus de la moitié des cinémas de France (on est les champions…) sont précisément des mono-écrans (cinéma d’une salle), soit 1.200 cinémas sur les 2.000 existants, alors qu’il y a seulement 200 multiplexes (je vous arrondis les chiffres pour soulager vos neurones échauffés par l’écrasante chaleur estivale mais rassurez-vous, si vous utilisez ces données dans une conversation avec un pro du cinéma, il n’ira pas chipoter et d’ailleurs, je parie que lui-même n’en connait pas les détails). Une seule salle, donc programme des films en alternance selon les jours et les horaires, soyez vigilants.

Autre particularité de notre cinéma, pas de pop-corn ! Harrrrgle, j’en vois qui s’étranglent, qui crient à la trahison, qui « s’étalent par terre avec des spasmes de douleur » (champions du monde... voir l’édito du mois précédent pour comprendre l’allusion faite aux joueurs de foot un peu douillets). Et bien oui, il faut vous faire une raison. Ce n’est pas pour faire le malin mais chez nous, les films sont LA priorité, alors, à tout seigneur tout honneur, il ne reste plus de place pour les grignotages intempestifs et perturbateurs. En outre, l’usage fait à ces grains de maïs soufflés implique l’inéluctable et apparemment incontrôlable besoin d’en répandre une partie autour de soi dans un étalage fort peu harmonieux et des plus contrariants à ramasser, raison qui explique sans doute la raison pour laquelle les responsables s’en désintéressent royalement une fois leur forfait accompli. Pour avoir travaillé dans des temples du pop-corn et passé des journées entières, armé d’une balayette, à traquer ces maudites céréales (comble du summum de l’horreur, elles sont parfois recouvertes d’un caramel bien collant et autant vous dire que je maudis l’inventeur de cette abomination), vous comprendrez pourquoi nous nous passons de cette « friandise » qui, en plus, n’a rien de patriotique (champions du monde…).

Et pour célébrer nos héros nationaux, un petit florilèges de citations de footballeurs : « le foot, c’est comme les échecs, sans les dés » ; « le public est versatile, il faut qu’il change » ; « 2 occasions, 1 but : c’est du 100% » ; « Ayez l’indécence de ne pas me couper la parole ! »

Rémi

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165 couverture

Édito N°165

Comme déjà dit par le passé, l’avantage de cet édito un peu foutraque, c’est qu’il n’a aucune obligation à suivre l’actualité. Ce qui m’évite, entre autres sujets du moment, à commenter la coupe du monde de foot. Tant mieux parce que je n’ai rien à dire sur tous ces milliardaires qui courent après un ballon et qui s’étalent par terre avec des spasmes de douleur au moindre frôlement. Evidement, ce n’est qu’une gentille moquerie, ne m’adressez pas un carton rouge (wahou, la super blague, je vais l’homologuer). Et qui se soucie des effets du foot au niveau planétaire ? Et bien des chercheurs en économie se sont penchés sur les répercutions de cette discipline dans nos sociétés. Leur conclusion : le néant, c’est à dire que si le foot disparaissait de la surface de la terre, cela n’aurait aucun impact sur l’économie du monde. Vous vous en fichez ? OK, alors poussons plus loin. Il y a, toujours selon des chercheurs, deux conséquences majeures à une coupe de monde de foot. En premier lieu, une augmentation de l’absentéisme au travail, ce qui fait gentiment sourire (reste à savoir quelles raisons sont évoquées pour justifier ces absences). En second lieu, une augmentation des violences conjugales. Là, je suis à la limite de ma capacité de compréhension de la nature humaine. Pourquoi un individu, que nous considèrerons, en partant d’un postulat scientifique de base, comme étant ni plus ni moins intelligent ou idiot, que la moyenne, va s’en prendre physiquement à la personne de son quotidien sous prétexte qu’il a une frustration lié au déroulement ou au résultat d’un match dans lequel il n’a aucune influence ? Je n’arrive pas à conceptualiser cette action-réaction. Bon, j’ai déjà compris le principe du hors-jeu, à savoir quand un joueur prend part à une action dans le jeu, avant le départ de la baballe et qu’il se situe devant les joueurs adverses (simplissime n’est-ce pas). Le hors jeu n’étant pas, comme je l’ai longtemps cru, le fait de sortir du jeu, pour aller boire un coup, passer un coup de fil ou discuter avec son coach. Ce qui n’empêche que je n’arrive jamais à les repérer ces hors jeu, et c’est d’ailleurs à cette occasion que je comprends enfin l’intérêt des commentateurs sportifs qui eux, les repèrent dare-dare et justifient alors leur salaire.

Par contre, il est un autre sujet dont je voulais vous parler. Le cinéma a mis en ligne un nouveau joli site internet qui en est à ses balbutiements. N’hésitez pas à nous faire vos remarques, commentaires et suggestions pour que nous puissions l’améliorer et satisfaire à vos attentes. Essayez quand même de ne pas nous demander des changements trop complexe, notre super stagiaire (Alexandre, si tu nous écoutes, salutations amicales) qui l’a mis en place à terminé son passage au cinéma. Et l’équipe restante ne maîtrise pas toutes les subtilités techniques de la chose. Donc vos avis, oui ; des améliorations, certes ; mais pas de trucs trop compliqués, pitié !
Et comme l’a dit ce joueur de foot plein de bonnes intentions dont nous tairons le nom par charité : « La coach m’a demandé de prendre les intervalles.. heu pardon, les intervaux. »

Rémi

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image edito164

Édito N°164

Si on dit d’un héros qu’il s’agit d’une personne qui se distingue par ses exploits, l’actualité nous en a donné deux bels exemples ces derniers jours.

Il y a bien sur Mamoudou Gassama, dit « l’homme araignée », qui a escaladé quatre étages d’un immeuble pour sauver un enfant suspendu à un balcon. Comme tout c’est bien terminé, on peut regarder les images, étonnantes et un peu cocasse, en particulier les nombreux autres sauveteurs improvisés qui, fermement accrochés aux grilles de l’immeuble, n’ont pas dépassé le rez-de-chaussée. On dit que c’est l’intention qui compte, que l’important c’est de participer, mais là, messieurs, ça frôle le ridicule. Mamoudou va recevoir une quelconque médaille du mérite. Il est surtout question de régulariser sa situation car Mamoudou est un jeune malien sans-papiers. Une histoire qui se termine bien, pour une fois, ne boudons pas notre plaisir et notre solidarité.

Il y a aussi James Harrison, un australien de 81 ans, surnommé « l’homme au bras d’or ». James a donné son sang pendant soixante ans, au rythme d’un prélèvement tous les dix-neuf jours, quasi le maximum autorisé. A souligner que James déteste le piqûre, ce que je comprends bien, j’ai personnellement fait un malaise pour cette raison il n’y a pas si longtemps. Pourquoi James c’est infligé cette contrainte aussi souvent ? Il se trouve que le sang de James à une particularité, celui de contenir des anticorps spécifique, des anti-D, extrêmement rares. Ils permettent de lutter contre une maladie, la MHN, qui touche les femmes enceintes et qui affecte les nouveau-nés. C’est fin des années 1960, qu’on a découvert l’incroyable particularité du sang de James. Des médecins ont alors élaboré un médicament dont la composition contient une partie du propre sang de James. Ça n’a l’air de rien mais au final et avec les années, les services de santé estime que James a sauvé la vie d’environs 2,4 millions de bébés. Aujourd’hui, quand on lui demande ce que lui inspire le fait d’avoir sauvé autant de vie, il répond avec une sincère humilité et une dose humour : « C’est probablement mon seul talent ». Il y a quelques jours, James a donné son sang pour la 1173e et ultime fois, car l’octogénaire a atteint l’âge limite pour ces don de sang, fixé à 80 ans. Alors, peut-on considérer James comme un héros ? Le fait d’avoir contribué, via ces 1173 don du sang, à sauver 2,4 millions de bébés, est-il un exploit ? Nous allons dire que oui, à moins que quelqu’un est des arguments contradictoires à opposer. Mais il va falloir sacrément bien les défendre, et convaincre tous ces bébés devenues grand du contraire.

Et comme le dit cette pensée philosophique : « La forme des pyramides, nous rappelle que les hommes ont toujours au tendance à en faire de moins en moins. »

Rémi

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163 couverture

Édito N°163

Ce mois-ci, un édito un peu particulier, puisque nous avons reçu ce dernier par… courrier !

En effet, pas plus tard que la semaine dernière, quelle ne fut pas notre surprise quand nous trouvâmes dans notre boîte aux lettres une missive de… Maryse.

Maryse s’y présente comme une fervente habituée du Cinéma Alain Resnais, et ce depuis des années. Elle nous parle de ses films préférés, de festivals, de soirées spéciales qui l’ont marquée, puis soudain, sans détour, nous fait une véritable déclaration d’amour, sous la forme d’un poème, sans peur, ni gêne. Autant vous dire qu’il ne nous a pas laissé indifférent, et qu’on ne pouvait faire autrement que de vous le présenter, en version non censurée :

Au Cinéma Alain Resnais, j’ai tout fait : j’ai ri, j’ai pleuré, j’ai dansé, j’ai éternué.
Chez moi, dans mon foyer, j’étouffais : j’ai pris, j’ai paré, j’étais désemparée, j’ai donné.
Aujourd’hui je peux le dire, aujourd’hui je peux en rire,
Ce n’est pas Omar qui m’a tuer, c’est Alain qui m’a sauvé.
Quand je me sentais sale, Alain Resnais, c’est vers toi que j’allais,
Quand je me sentais seule, c’est dans ta salle que je m’enfermais.
Et contrairement à certains que je ne nommerai point, tu as toujours été là, toi, mon cinéma.
Un coup de spleen ? Et hop, c’est l’art en bobine.
Un coup de grisou ? Tiens, si j’allais voir Timbuktu.
Paralysé par un mal de dos ? Ouf, voilà Rémi et son édito.
Rémi, tu m’as toujours fait rire. Grâce à toi et à ton cinéma, j’ai évité le pire.
Au Cinéma Alain Resnais, j’ai voyagé. Tous les Harry Potter, les 50 nuances de Grey.
Au Cinéma Alain Resnais, j’ai rêvé. Les Belle et Sébastien, et les films de François Cluzet.
Bref, au Cinéma Alain Resnais j’ai tout oublié, ma vie, mes ratés, mon passé,
Et c’est pour cette raison que je ne te remercierai jamais assez.
Grâce à toi, mon cinéma, j’ai su aller de l’avant,
Tout en serrant les dents, et ta carte d’abonnement,
J’ai pu tirer un trait, en me projetant dans ton écran.
Je t’envoie des baisers, Ô mon Alain Resnais, pour ta patience, ta bienveillance,
Tes leçons de self-défense et les horaires de tes séances.
Mille Bises,

Maryse

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162 couvertureÉdito N°162

pas d'édito dans ce programme

 

 

 

 

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161 couvertureÉdito N°161

La chanson dit que « Les histoires d’amour finissent mal… en général ». Mais faut dire aussi que, des fois, on se complique drôlement la vie. Tenez, dans le très beau La Forme de l'eau, une jeune femme muette, ce qui n’est pas un problème en soi, tombe amoureuse d’un être aquatique en écailles qui ne s’exprime que par des cris gutturaux incompréhensibles, ce qui devient carrément problématique. Bon, évidemment tout est contre eux, personne n’imagine une possible idylle, bref, un amour impensable, en raison de leurs indéniables différences. A moins que, peut-être, qui sait, avec la magie du cinéma...

Vous l’aurez noté, je suis baba devant ces romances utopiques. Tenez, l’un de mes films fétiches, c’est King Kong. Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de détailler en quoi l’amour du gros singe primitif et de la blonde poupée citadine est désespérément voué à l’échec, leur différences sociale et culturelle n’étant pas le moindre des écueils à surmonter. N’empêche, cette histoire m’a toujours arraché les larmes, en particulier la version de 1976 avec Jessica Lange dans le rôle de la blonde (encore merci Arnaud, mon graphiste frère aîné, de m’avoir amené au cinéma ce jour-là). Même que j’étais tombé amoureux d’elle, du haut de mes 8 ans, et je contemplais longuement, émerveillé, sa photo collée sur le mur de ma chambre d’enfant (véridique). Je n’ose pas imaginer ce qu’un psy décortiquerait de mon inconsciente identification à Kong, archétype de l’amoureux maladroit, balourd, incompris, mais sincère, attentionné, protecteur. Tout moi, sans les poils et le mugissement beaucoup moins effrayant.

Bon, rassurez-vous, il n’y a pas que des histoires d’amour maudites dans le panthéon de mes films fétiches. Il y en a aussi qui finissent bien. Dans l’Etrange Noël de Mr Jack, comment vous dire le déchirement que je ressens quand la douce Sally entonne sa complainte, elle qui couvre son Jack de mille attentions pendant tout le film avant que le nigaud ne se décide enfin à la remarquer : « Saura-t-il un jour m’offrir son amour ? / Saurais-je lui plaire ? / Ce n’est pas mon destin / Et je l’espère... en vain ». C’est trop beau, les yeux me piquent (re-véridique).

Bref, je vous conseille vivement La Forme de l'eau, bien que mes lacrymales arguments ne sont peut-être pas les plus convaincants. Pas ma faute si je fond devant toutes les belles histoires d’amour dont regorge ce programme, de Tout le monde debout à Phantom Thread, en passant par le formidable Call me by your name.

Reste à savoir pourquoi l’idée de l’amour fait pleurer alors qu’elle devrait rendre heureux (soupir d’impuissance devant l’incommensurable incompréhensible mystère des sentiments humains).

Et comme l’a écrit Maurice Druon : « En amour, il ne suffit pas d’avoir les mêmes désirs, encore faut-il les exprimer au même moment » (re-re-véridique).

Rémi

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160 couvertureÉdito N°160

Vous trouverez dans ce programme le nouveau film de Woody Allen et peut-être le dernier de sa carrière. Dans le contexte des traitements discriminants faits aux femmes, voilà qu’une accusation d’agression visant le cinéaste et vieille de 25 ans refait surface. Rappel des faits. Mia Farrow, actrice et ex-femme de Woody, n’a jamais supporté qu’il se marie avec la fille adoptive qu’elle avait eu avec son mari suivant (vous suivez ?). Depuis, elle le décrit comme un abominable pervers et l’accuse en particulier d’avoir agressé leur propre fille adoptive lorsqu’elle avait 7 ans. A l’époque, les enquêtes de deux agences indépendantes spécialisées dans les droits des enfants avaient conclu qu’il n’y avait pas eu d’abus et qu’au contraire, il était probable que l’enfant ait été manipulé par une mère très en colère contre son ex-mari. Affaire aujourd’hui relancée par le clan Farrow, dans un contexte pour le moins opportun, et qui vaut au cinéaste d’être exclu du milieu du cinéma. S’il est coupable, la sanction est sans doute légitime. S’il est innocent, tant pis, ça ne change rien, on l’exclut quand même, ne prenons aucun risque. Une chose est sûr, à tort ou à raison, Mia Farrow a fini par gagner. Et nous, qu’allons-nous faire ? Ne plus jamais voir un film de Woody Allen, au cas où ce serait bien un sale pervers ? Ne plus jamais voir un film de Mia Farrow, au cas où se serait une sale manipulatrice ? Alors à vous de décider si vous voulez voir Wonder Wheel, le nouveau et potentiellement dernier film de Woody Allen.

Dans le même contexte, en plus léger, quelques féministes ont proposé de boycotter le conte La Belle au bois dormant. Oui, on est bien toujours dans ce contexte des abus faits aux femmes. Vous ne voyez pas le rapport ? Mais parce que le baiser du prince posé sur la princesse assoupie n’est pas consenti. Vous pensez que je plaisante mais c’est véridique. Bon, la réalité est un poil plus compliquée. C’est une avocate anglaise qui a soulevé le problème, lorsqu’elle a entendu son jeune fils s’exclamer, en lisant le livre, que les garçons pouvaient embrasser les filles quand elles dormaient. D’où le questionnement sur le consentement de la jeune fille et sur le message véhiculé par le conte, questionnement certes tiré par les cheveux mais non dénué d’un certain raisonnement.

Enfin, pour conclure sur le sujet, l’apothéose nous vient de Suède avec le fameux Contrat de Consentement Sexuel : « Madame, Monsieur, si vous voulez bien coucher avec moi, pouvez-vous me l’écrire, svp ? ». Ce n’est encore qu’un projet de loi mais sachez qu’il concernera tout acte de cette nature, même dans les couples mariés. Pour les très actifs réfractaires à la paperasse, un point positif, un simple consentement verbal serait valable. Le projet de loi parle aussi des « actes sexuels par négligence », mais là, j’ai rien compris.

Parole à Woody : « L’éternité, c’est long. Surtout vers la fin. » ; parole à Mia : « J'ai les enfants les plus merveilleux. Je suis très heureuse. »

Rémi

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159 couvertureÉdito N°159

Bien que la nouvelle année soit déjà fort entamée, on continue à nous bassiner avec les fameuses « bonnes résolutions ». Cela dit, c’est inscrit dans nos gènes puisque cette coutume date des Babyloniens (-500 ans) qui prenaient des engagements devant les dieux pour rembourser leurs dettes. Evidemment, pas au 1er janvier vu que le calendrier n’était pas encore celui qu’on connait, le petit Jésus n’était pas encore descendu sur terre. Néanmoins, la coutume s’est propagée et elle est devenue une occupation incontournable aux premiers jours de l’année.

Malheureusement, force est de constater qu’à peine 10 % des personnes interrogées semblent tenir ses engagements. Selon l’auteur d’une étude, il y a égalité des sexes face à ces échecs mais pas pour les mêmes raisons. Les garçons auraient tendance à avoir les yeux plus gros que le ventre en se promettant l’impossible (au moins trois séances de piscine par semaine). Les filles, plus raisonnables sont aussi plus mystérieuses (tient donc !) et gardent secrètes leurs résolutions, ce qui leur permet de ne pas avoir à se justifier si elles échouent (pas bête).

Quelques petites astuces pour respecter ces bonnes résolutions.

D’abord, n’en prendre qu’une. Parce que, arrêter de fumer, tout en se privant de chocolat pour le régime et faire une séance d’abdominaux quotidienne, c’est une vraie punition qui doit cacher des crimes horribles faits durant l’année précédente.

Ensuite éviter de reprendre toujours les mêmes résolutions. C’est une forme subtile de masochisme que de ressasser tous les ans les échecs des années passées. C’est pourquoi il faut se fixer des objectifs raisonnables, plus faciles à réaliser et qui permettent de se féliciter du chemin accompli.

Enfin, dernier bon conseil, donnez-vous des résolutions positives, voir qui procurent du plaisir. Par exemple, plutôt que de vous contraindre à perdre du poids, promettez-vous d’être plus séduisant. Et de faire des emplettes si nécessaire pour accentuer cet objectif (c’est quand même plus motivant que de se promettre de ne plus manger de dessert).

Quoi qu’il en soit, les bonnes résolutions marquent, avec plus ou moins de bonheur et d’ambition, l’idée qu’une nouvelle année est l’occasion de tenter d’être meilleur et de faire mieux que par le passé. C’est très noble comme réaction. Mais surtout, n’oubliez pas qu’une bonne résolution se prend pour soi et pour son bien-être, pas pour faire plaisir aux autres. Là c’est certain, le chocolat noir a définitivement écrabouillé la séance d’abdominaux. Une suggestion pour finir, venez au cinéma vous gaver de films. Un grand merci en passant pour votre fidélité en 2017 qui a encore été une année extraordinaire.

« Une carrière, c’est fantastique, mais on ne peut pas se blottir contre elle la nuit quand il fait froid ». Marilyn Monroe

Rémi

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158 couvertureÉdito N°158

Cette fois, la police hésite pour évaluer la foule, à savoir entre huit cent mille et un million de personnes qui se seraient rendu sur le parcours de cortège de Johnny Hallyday le samedi 9 décembre (tient, mon correcteur orthographique ne connaît pas ce nom et moi je galère pour placer les "y" au bon endroit, désolé Jean-Philippe avec des "i"). Vous vous rendez compte, un million, de quoi faire pâlir de jalousie un bon nombre d'organisateurs de manif. Et que dire des quinze millions de téléspectateurs devant leur petit écran pour suivre la procession. Alors pas besoin d'être un fan convaincu pour faire preuve de respect devant ce fervent élan de partage, comme cela se produit à d'épisodiques occasions, une coupe de monde de foot ou un film hors norme (genre Intouchables et ses vingt millions d'entrées). Aujourd'hui, le décès d'une vedette que trois générations ont écouté déclenche un déferlement d'hommages et la ressortie d’images d’archive de haut vol. J’aime bien celle où, à l’arrivée d’une étape du Paris-Dakar auquel il participait, il a eu cette phrase pleine de sagesse : « Si on n'avait pas perdu une heure et quart, on serait là depuis une heure et quart ».

A souligner tout de même le ridicule de journalistes cherchant désespérément l'originalité. L'un d'eux est allé questionner le gérant d'une chaîne de lunettes dont Johnny a fait la pub quelques temps. Sérieusement, qu'est-ce qui a bien pu se passer dans le cerveau de ce journaliste pour imaginer qu'un vendeur de lunettes allait enrichir l’émotion générale de ses commentaires optico-publicitaires ? J'ai presque de la compassion pour l'interviewé qui a répondu que "sa voix (celle de Johnny) resterait dans nos mémoires". A sa place, j'aurais été tellement désappointé que j'en serais resté sans (voix). Cela dit, ladite marque de lunettes a estimé que Johnny a « décomplexé les presbytes », les veinards. Et oui, c’est ça la force des vrais stars, nous soulager de maux qu’on ne pensait pas avoir. Ce qui me fait penser à cette définition de la vie en couple : être à deux pour régler des problèmes que l’on n’aurait pas eu tout seul.

En tout cas Johnny, je n'ai jamais acheté l'un de tes disques et je ne connais aucune de tes chansons par cœur, je n'ai pas baptisé mes enfants Tennessee ou Laura, je n'ai pas allumé le feu, ni franchi les portes du pénitencier, je ne sais pas d'où vient la musique que j'aime, mais une chose est sûre, on n'oubliera pas ton nom.

Et comme il a dit : « Ce qui me rend heureux, c'est d'être heureux. ». Salut l’artiste.

Rémi

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157 couvertureÉdito N°157

Quand je lis un bon livre, j’aime bien me noter les mots dont la définition m’est inconnue ou approximative. Par exemple, « pusillanime », mot que j’ai déjà croisé sans savoir précisément ce qu’il signifie. Définition : « qui manque d’audace, de courage ». Bon, en fait, c’est mon médecin qui m’a dit que j’étais un patient pusillanime, suite aux aïe aïe aïe que je roucoulais pendant une consultation. Apparemment, il m’a trouvé un peu trop douillet, me rappelant, pour me faire taire, que fut un temps on amputait sans anesthésie sur les champs de bataille. Effectivement, je n’ai aucun doute que les hurlements qui en découlaient n’avaient rien d’exagéré. J’aurais pu lui rétorquer que son auscultation était une « géhenne », c’est à dire une souffrance intense, mais là, j’avoue que cela aurait été un poil exagéré et il m’aurait renvoyé à mon pusillanime.

Cela m’a fait penser à « foucade ». Définition : « impulsion vive, comportement capricieux ». Je l’ai évité de peu celui-là. C’est par contre la défense pathétique que pourrait tenter quelques malotrus pour justifier des gestes indécents. « – Monsieur, que fait votre main sur ma cuisse ? – Oh pardon, c’est une foucade ». Ben voyons. En tout cas, on peut « morigéner » sans limite dans cette situation, à savoir « adresser des réprimandes ».

Autre mot qui m’a bien amusé, « agreste ». Synonyme : « inculte, grossier ». Une bonne occasion de lancer une insulte avec classe et subtilité car la personne que vous traitez d’agreste, risque fort de ne pas savoir de quoi il s’agit. Attention néanmoins aux effets secondaires. Dans le doute, elle peut prendre cela pour quelque chose de beaucoup plus humiliant et vous en vouloir encore plus.

Un petit dernier pour finir, lu dans une critique sur le film Hellboy conseillé aux « tératophiles », soit les personnes qui ont « une attirance pour les monstres, les personnes difformes ». Tout le problème, c’est qu’il n’y a pas trop d’occasion pour sortir ce mot savant. Et engager une discussion entre amis sur le thème des monstres juste pour pouvoir placer ce tératophile, c’est quand même drôlement tiré par les cheveux.

Le plus important, c’est d’enrichir son vocabulaire. Et cela permet, quand le docteur vous fait son ordonnance, de saisir un peu mieux toutes les subtilités de son diagnostic.

Et comme l’a dit Woody Allen : « l'avantage d'être intelligent, c'est qu'on peut toujours faire l'imbécile, alors que l'inverse est totalement impossible ».

Rémi

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156 couvertureÉdito N°156

Dans une revue destinée aux exploitants de cinéma, Le Film Français, un article a attiré mon attention. Il s’agit du long combat mené par Sarah Deming, une simple spectatrice mais au tempérament, disons, pointilleux.

Tout commence un jour de septembre 2011, quand Sarah Deming, sortant de la projection du film Drive de Nicolas Winding Refn, décide de porter plainte contre le distributeur du film et la salle de cinéma au motif qu’elle aurait été trompée par sa bande-annonce (ou FA pour film-annonce). En effet, à la vue du FA, elle pensait voir un film de courses-poursuites façon Fast & Furious, ce qui n’est pas, effectivement, l’esprit du film de Nicolas Winding Refn. Bon, pour faire vite, un premier juge refuse sa plainte qu’il considère comme injustifiée. Sarah, un poil procédurière, en demande un second, obtient un procès, mais le tribunal la déboute en 2013. Manifestement insatisfaite et mauvaise perdante, son avocat saisit la Cour Suprême et en profite au passage pour étendre la plainte au producteur, au réalisateur et à l’acteur principal. La Cours Suprême décide, en janvier 2017, de définitivement débouter Sarah Deming de ses allégations, pardon, de ses accusations, estimant qu’une bande-annonce est « un moyen d’expression artistique protégé à ce titre par le premier amendement ». Ouf !

Certes, nous avons tous ressenti un jour l’impression d’être trompé par une bande-annonce, mais à part Sarah Deming, personne n’avait songé à en faire une affaire d’état. Pour votre culture générale, sachez que les FA sont de la responsabilité du distributeur qui fait généralement appel à des sociétés spécialisées pour les concevoir. En temps qu’outils promotionnels, les FA sont élaborés au terme d’une réflexion plus ou moins longue et fructueuse, leur conception pouvant aller de quelques jours à quelques mois. Enfin, dans de rares cas, un réalisateur peut lui-même s’en occuper, mais ce n’est pas l’usage.

Le plus important, c’est l’utilisation qui en est faite dans les cinémas. Dans certains circuits de salles de cinéma, les distributeurs payent le passage des FA, s’il en a les moyens, et choisit donc leur diffusion. Dans d’autres cinémas, cette diffusion est gratuite et c’est alors la salle qui décide quel FA elle présente avant quel film. Vous l’aurez compris, c’est bien entendu cette méthode que nous utilisons dans notre salle et nous y apportons une attention particulière. Seul bémol, nous ne maîtrisons pas le message des FA et nous n’avons pas toujours vu les films. Mais, et c’est ce que je voudrais dire à Sarah Deming, nous estimons que les spectateurs ont l’intelligence, ou le simple bon sens, pour faire la part des choses et aiguiser leur sens critique à la vue d’un FA.

Et comme l’a dit Staline : « Là où il y a des hommes il y a toujours des problèmes. Plus d'hommes, plus de problèmes. »

Rémi

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155 couvertureÉdito N°155

Certains d’entre vous nous ont judicieusement fait remarquer une bizarrerie dans le précédent programme. En effet, le numéro 154 affichait fièrement en couverture le film Le Redoutable avec Louis Garrel grimé en Jean-Luc Godard. Sauf que le film n’était pas dans le programme 154. D’où une légitime incompréhension dans le registre : serait-ce un message subliminal, une pré-annonce un peu tordue pour nous aguicher, un hommage détourné pour JLG… ? En fait, pas de double sens, de sens caché, de sens tout court. Ce n’est qu’une coquille involontaire. La joie de la programmation c’est que jusqu’à la dernière minutes, tout changement est possible. En l’occurrence, ce cher Redoutable, bien que parfaitement prévu dans la programmation à venir, a été décalé le jour du bouclage, avec, dans la précipitation, un gros oubli de ma part, sa présence en couverture. Parfois, c’est ce qu’on a devant les yeux, bien gros, bien visible, qu’on ne voit pas.

Sans transition, connaissez-vous la cérémonie des Ignobels (Ignoble Nobel), créée en 1991 à l’Université d’Harvard ? C’est un pastiche bon enfant des Nobels qui récompense des recherches scientifiques improbables ou saugrenues, et dénonce au passage l’incompétence de certains scientifiques. Attention, les lauréats sont parfois des personnalités reconnues, comme Paul Geim qui reçut en 2000 un Ignobel pour son étude sur l’utilisation d’aimants destinée à faire léviter des grenouilles et qui en 2010 a obtenu un véritable Nobel pour ses travaux sur le graphène.

Pour cette édition de septembre 2017, des Ignobels ont été décernés, en vrac, aux études sur les raisons qui font que les hommes âgés ont de grandes oreilles (un petit pas pour l’homme, aucun pour l’humanité), sur les jumeaux homozygotes qui ne parviennent pas à se distinguer eux-mêmes sur les photos (une fois j’ai cru me reconnaître sur une photo de Kyle MacLachlan mais en fait non), sur les liquides qui coulent des tasses en particulier lorsqu’on marche à reculons (ce que nous faisons tous évidement) ou encore celle qui montre qu’avoir un contact avec un crocodile vivant augmente la volonté de parier de l’argent (qu’est-ce que ça peut vouloir dire, mystère).

Soyons fiers, la France a décroché deux prix. Le premier pour une étude sur une question existentielle : « le chat peut-il être à la fois solide et liquide ». Pas de réponse définitive pour le moment, la capacité des félins à s’installer dans des contenants reste inexpliquée. Le second pour des recherches sur « les structures cérébrales impliquées dans l’aversion aux fromages qui puent ». L’expérience montre que les personnes réfractaires ont une activité plus importante au niveau du circuit de la récompense. Ce qui, vous en conviendrez, a autant de sens que d’intérêt.

Reste la grande énigme à percer : « pourquoi des scientifiques se posent de telles questions ».

« La théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c’est quand tout fonctionne et qu’on ne sait pas pourquoi. Parfois on réunit théorie et pratique. Rien ne fonctionne et on ne sait pas pourquoi » Albert Einstein

Rémi

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Édito N°154

Vous avez de quoi être scandalisé, je n’ai pas pu faire d’édito puisque ce programme n’existe pas. Et je n’y suis strictement pour rien, c’est de la faute de notre illustre graphiste, dont je songe sérieusement à divorcer du lien fraternel qui nous uni.

Vous ne croirez jamais ce qu’il m’a annoncé, il y a 2 jours, alors que je l’appelais courtoisement pour lui fêter son anniversaire, et en feignant l’indifférence au fait qu’il avait totalement oublié le mien quelques jours auparavant. Ce qui n’est pas dramatique en soi, j’en conviens, d’autant que j’étais ce jour-là avec mon autre frère, celui qui a 9 chevaux, 6 poules, 2 chiens et 2 chats (il y avait une chèvre qui s’est fait la malle et qui sera bientôt remplacée par l’arrivé d’un âne). Pour être franc, je ne suis plus très sûr du nombre de chevaux, d’autant qu’il me semble qu’un ou deux poneys ce sont glissés dans le lot. Pareil pour les poules, mais le stock d’œufs est tellement conséquent qu’on ne va pas chipoter à une maman prés. Ah faut aimer les omelettes et les œufs brouillés quand on va les voir, lui et sa famille. Et ne vous y méprenez pas, cette ménagerie n’a rien à voir avec son job, c’est juste un passe-temps. Bon, moi pour passer le temps, surtout quand je lui rends visite à l’occasion des vacances, je me la joue glandeur professionnel. Du coup, j’ai subtilement évité toutes les joyeuses corvées pour nourrir, soigner, entretenir les diverses bestioles. Je n’en tire aucune gloire, voire une pointe de culpabilité, mais en guise de passe-temps, je regarde passer le temps et ça me prend tout mon temps.

Mais j’en reviens à l’infâme trahison que mon autre frère, celui qui a une souris et plein d’ordinateur, un gros appareil photo et une énorme voiture. Sauf que lui c’est pour son boulot, même si l’énorme voiture est plutôt anachronique et à priori sans aucun rapport avec ses expos photo et autres conceptions de programmes culturels. Ce fourbe, ce goujat, ce butor m’annonce, l’air de rien, qu’il rentre plus tard de vacances, comme ça, tranquille. Alors que vous êtes des centaines, des milliers, de Clermont l’Hérault, du Cœur d’Hérault, de la France, à attendre fébrilement le nouveau programme de votre cinéma.

C’est pourquoi, la gorge nouée d’effroi à l’idée de vous priver de ce sésame cher à vos cœurs, je ne peux faire cet édito et ce programme. C’est dommage, il y a pléthore de films ultra alléchants comprenant des rattrapages des sorties de l’été inédites dans notre salle.

Bon, il semble que « l’artiste » sera finalement, peut-être, qui sait, revenu à temps pour accomplir sa tâche. On verra. En attendant, vous me le pardonnerez, mais c’est trop d’émotion pour moi, je n’ai plus le courage de faire cet édito. Toutes mes excuses et bonne reprise à vous.

Et comme a dit Frédéric Dard : « si j’avais su que je l’aimais tant, je l’aurai aimé d’avantage ».

Rémi

Droit de réponse : Diantre… à peine posé mes valises que mon frère (et néanmoins client) me harcèle pour lui réaliser son programme. Les yeux encore plein de sable, je fonce sur mon ordinateur pour découvrir que ce Judas me traîne dans la boue me faisant passer pour un privilégié. Sachez juste que ce n’est sûrement pas avec les misérables factures que je lui envoie que je pourrai éventuellement m’offrir une « grosse » voiture. Bien à vous.

Arnaud (graphiste et frère… pour l’instant)

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Edito N°153

Pour ces vacances d’été, en recherchant un lieu insolite et je me suis arrêté sur une destination à laquelle vous n’avez sans doute pas pensé : « La Porte de l’enfer ». Là, reconnaissez que je fais preuve d’originalité.

Tout d’abord, évacuons l’aspect folklorique et les légendes mystiques, comme les fameuses soi-disant six portes de l’enfer existant sur terre. Je réponds, pfff, n’importe quoi, on ne sait même pas où elles se situent. Dans le même genre, quelques adeptes du paranormal se targuent d’avoir trouvé le bon emplacement à Cincinnati, via un tunnel souterrain appartement au système d'égout de la ville, et que les adeptes surnomment en fait « Les Caves de Satan ». Hors sujet.

On trouve deux lieux officiels à visiter et qui se nomment (ou se surnomment) Porte de l’enfer.

Le premier se situe en Sibérie, c’est le cratère de Batagaïka. D'après les spécialistes, ce cratère a commencé à se former dans les années 1960 à cause de la déforestation. L’élimination des arbres qui protégeaient le sol gelé de la chaleur des mois d'été a provoqué son effondrement et la création du cratère. Il mesure aujourd’hui un kilomètre de long et 86 mètres de profondeur, ce qui promet de belles photos de vacances. Il ouvre une fenêtre incroyable sur notre passé en exposant des couches géologiques très anciennes autrefois inaccessibles car gelées. Et on y trouve des carcasses de bisons, de rennes et même de mammouths. Enfin des bibelots vraiment exotiques et indubitablement locaux à ramener dans vos bagages. Méfiez-vous quand même, il grandit de 10 à 30 mètres par an et dégage des gaz à effet de serre. L’enfer, ça se mérite.

Le second se situe au Turkménistan à Derweze. A priori, avec ces 10 à 15.000 touristes par an, ce pays a peu d’atouts touristiques mais les autorités misent sérieusement sur leur Porte de l’enfer. Là encore un cratère, de 70 mètres de diamètres et 20 de profondeur. Sa particularité c’est qu’il s’agit d’un champ de gaz en feu. En 1971, des géologues soviétiques ont, par erreur, percé des couches souterraines contenant une importante quantité de gaz. De peur que le gaz soit toxique, ils ont décidé d’y mettre le feu, jusqu’à ce qu’il s’épuise gentiment. Et depuis 40 ans, les flammes crépitent et le cratère est en feu. Le pays ayant les quatrièmes plus vastes réserves de gaz au monde, ça peut encore durer un bon moment. En tout cas, côté photos souvenirs, c’est top, et les touristes qui ont admiré le spectacle le qualifient d’impressionnant, voir d’effrayant. Youhou, on fait moins le malin (subtil jeu d’esprit avec le Malin).

Vous noterez que ces deux Portes de l’enfer ont comme point commun d’être la conséquence de tripatouillages de l’homme. A méditer.

Et comme a dit Shakespeare : « L'enfer est vide, tous les démons sont ici. ». En espérant ne pas avoir plombé l’ambiance, bonnes vacances à vous.

Rémi

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Edito N°152

Comme vous l’avez remarqué depuis longtemps, ces quelques lignes servent un peu à tout et aujourd’hui, il est de mon devoir de les employer pour faire passer un message important. En effet, nous avons clôturé début juin nos Rencontres Cinéma. Or, pour des raisons liées aux hautes responsabilités d’une fonction prestigieuse, Claude, Président de l’association responsable du cinéma, n’a pu y assister. Vous comprendrez donc que je profite de l’occasion pour lui faire un résumé de cette semaine de festivités.

Claude, cher vénérable Président, tout a bien commencé par une joyeuse soirée d’inauguration. A peine les premiers convives ont-ils pointé le bout de leur nez que Monsieur le Maire en personne a fait son apparition, réclamant, comme de bien entendu, à saluer le Président. J’ai donc usé de toute ma diplomatie et de formules alambiquées pour, tournant autour du pot, noyant le poisson, ne pas justifier d’une absence aussi tonitruante. Fort heureusement, l’usage approximatif de notre tireuse à bière, dont nous n’arrivions qu’à sortir une mousse épaisse et intarissable, est venu à ma rescousse. En effet, Monsieur le Maire, apparemment au fait du fonctionnement de ladite machine, s’est lancé dans un cours magistral sur les techniques du tirage du fameux breuvage, mise en pratique par le remplissage d’une série de verres qu’il a fallu ensuite vider pour éviter toute perte inutile. Bien que ponctué par quelques « alors il est où le Président Claude ? » un brin dépité, je crois m’en être pas mal sorti, cerné par les personnalités prestigieuses de la ville, élus, bénévoles, spectateurs, jusqu’au proviseur du lycée, acteur indispensable de cette semaine.

Ensuite, tout s’est enchaîné dans une parfaite chorégraphie bien orchestrée, entre séance et invités, temps forts et détentes, et la maîtrise quasi parfaite de la tireuse à bière que nous avions pourtant un temps envisagé de rebaptiser tireuse à mousse.

Certes, la pluie du dimanche soir n’était pas vraiment le scénario idéal pour la séance en plein air mais la prestation musicale des Pensées Sauvages, sous des parapluies, en avant programme du film, avait quelque chose de magique et d’irréel. Et comment exprimer l’exaltant plaisir de ce public merveilleux qui a bravé les intempéries pour assister à la projection et qui nous a aidés au rangement à la fin de la soirée. Simplement qu’il est à la hauteur de tous ceux qui ont apporté leur aide, bénévoles, lycéens, stagiaires, partenaires.

Voilà cher éminent Président, un simple résumé de la semaine.

Et comme le dit le proverbe : « Aller doucement n’empêche pas d’arriver ».

Rémi

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Edito N°151

Enfin !

Depuis le temps qu’on l’attendait, voici le retour de nos Rencontres Cinéma et leur ambiance festival qui vont égailler ce début du mois de juin. Ça devenait urgent et la demande était de plus en plus forte. J’en profite pour vous remercier, chers spectateurs, pour vos encouragements et votre adhésion sans cesse croissante à notre salle.

Alors, quelques explications pour comprendre l’origine et l’état d’esprit de cette nouvelle version de la manifestation. Il se trouve que le cinéma Alain Resnais a cumulé cette année des actions fortes avec le Lycée de Clermont l’Hérault, en particulier la mise en route d’un club cinéma et l’inscription d’une classe au Prix Jean Renoir des Lycéens. Nous souhaitions conclure ces évènements par une ou deux soirées spéciales. Et du coup, le projet est venu tout seul, organiser une semaine spéciale, ouvert à tout public, reprenant la formule de nos Rencontres passées et incluant ce partenariat avec le Lycée.

Au programme donc, des rendez-vous liés aux jeunes mais aussi des temps forts avec invités, des animations, des films en avant-première, des films récents inédits ou passés trop vite sur les écrans, et une place importante aux films de patrimoine dont une petite rétrospective autour du western. C’est le patchwork inhérent à la diversité des films et de la sensibilité des publics.

Et surtout l’occasion de se retrouver, de faire la fête, de décompresser d’une année mouvementée. Le choix de ce début juin va nous permettre, entre autre et, espérons-le, de déguster de petits repas autour d’un verre et au grand air.

Nous vous souhaitons à tous une belle semaine de cinéma, de surprises, de plaisir et plus si affinité, je veux parler, bien entendu, de la joie de partager nos émotions.

« Une seule bougie peut en allumer des milliers. » Bouddha

Rémi

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Edito N°150

S’il y a bien quelque chose qui fait mon affaire, c’est que cet édito ne soit pas un pamphlet sérieux. Cela m’évite d’avoir à commenter les sujets brûlants du moment, comme par exemple nos élections nationales en cours. Donc pas d’obligation de faire des commentaires affûtés et hasardeux sur l’extraordinaire étrangeté de ces présidentielles 2017, où abstention et indécision semblent déraisonnablement répandues.

Mais si au-delà des nombreuses raisons de s’inquiéter et de se prendre la tête, on regardait pour une fois à travers le monde une expérience positive et motivante. En l’occurrence, celle d’un lointain pays, l’Ouganda, au centre de l’Afrique. Depuis plusieurs années, ce pays a développé une politique d’aide aux réfugiés qui est souvent prise en exemple et même considérée comme l’une des meilleures au monde.

Là-bas, les réfugiés ont droit à une prise en charge immédiate, sans questions, ni soupçons. On leur propose un bout de terre où ils peuvent construire une maison et faire leur propre culture. Ils ont la liberté de mouvement, un permis de travail et la possibilité d’ouvrir un commerce.

Oh bien entendu tout n’est pas rose ; hostilités et discriminations sont nombreuses. Le pays n’a pas une expansion et une richesse intérieure suffisantes pour permettre cet accueil sans mal, ni tension. Mais le gouvernement tient bon et revendique son choix. Sans doute parce qu’au sein du pouvoir, la question de l’exil est bien connu dans un pays qui a lui-même été confronté à ce problème.

Quoi qu’il en soit, alors que les exemples de repli sur soi ne manquent pas, il est bon de regarder ce que certains arrivent à faire, avec conviction et une vraie démarche philanthropique.

Et voilà, je n’ai pas pu m’empêcher de faire mon malin.

Comme vous pourrez le constater, vous trouverez dans ce programme de nombreuses animations qui justement, nous questionnent sur notre monde et tentent d’apporter un peu d’optimisme et d’espoir. Alors ne baissons pas la garde, restons éveillé et l’esprit ouvert.

Justement, quelques infos insolites pour monter un peu plus le niveau. Un marathonien a été disqualifié pour avoir dépassé de 6 secondes le temps réglementaire d’une course dont la durée était limitée à 60 heures. Un élu a traîné en justice un électeur qui l’avait comparé à un « Chamallow ». Un député russe propose que les affrontements entre hooligans deviennent un sport à part entière. Un professeur d’arts martiaux rattrape à mains nus un ouvrier chinois qui a fait une chute de 8 mètres de haut.

Et comme le dit le proverbe : « Hier j’étais au bord du gouffre, aujourd’hui je vais de l’avant. »

Rémi

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Edito N°149

Enfin nous connaissons le nom de tous les candidats à l’élection présidentielle. Pour certain, c’est d’ailleurs tout ce qu’on sait d’eux. Comme beaucoup, je sais déjà pour qui je ne voterai pas mais pas vraiment à qui je donnerai mon bulletin. Mais heureusement, il va y avoir les débats pour nous éclairer sur leurs intentions et leur personnalité. Soucieux de faire, in fine, le bon choix, je vais suivre attentivement ces rendez-vous qui vont absorber mon attention tout en me laissant disponible pour des tâches manuelles. L’occupation idéale c’est le repassage. J’ai même fait l’acquisition d’un super fer à vapeur pour l’occasion. Afin d’être totalement efficace, j’ai profité du week-end pour le tester.

Pour commencer, on me conseille de passer un chiffon doux sur la « semelle » (la partie en dessous qui chauffe) puis de repasser quelques instants un linge humide. Déjà, je m’amuse du terme employé, une semelle, c’est rigolo. Bon, pas de quoi se rouler par terre dans un fou-rire hystérique mais quand même, ça m’amuse (c’est le week-end, je décompresse, un rien égaie ma journée).

Ensuite, je décortique une page complète d’explications sur l’eau à utiliser, si possible déminéralisée, surtout pas de l’eau de pluie (ça ne me serait pas venue à l’esprit mais maintenant qu’ils en parlent, je trouve l’idée géniale), et il y a le problème du calcaire, et dans certaines régions de bords de mer la teneur en sel peut être élevée, et patati et patata. Je relis plusieurs fois pour ne pas faire de bêtise. Soit disant, mon super fer vapeur est conçu pour fonctionner avec de l’eau du robinet mais on dirait que c’est mieux d’éviter. Donc, je fais quoi ? Et bien rien du tout, ce sera l’eau courante et puis c’est tout.

Ensuite, le réglage du curseur pour la température selon le type de tissu utilisé (joint un tableau dont je vous épargne les détails). Bon, je ne suis pas totalement béotien, j’ai déjà entendu parler de cette chose mais à l’idée de devoir parcourir ma garde-robe afin d’analyser les fibres de chaque vêtement, un frisson me parcourt et pas de plaisir. On va faire simple et partir du principe que je m’habille en coton. Sauf que c’est la température la plus chaude. Un doute m’assaille. Je vérifie à quoi correspond la température moyenne. Type de tissu : la soie. Sinon il y a viscose mais je ne sais pas ce que c’est. Bon, disons que je ne m’habille que de soie (peu probable mais classe).

Au final, après quelques sueurs froides, j’ai réussi avec brio mon test du repassage avec fer à vapeur. Voilà, je suis fin prêt pour suivre les débats des élections.

Et comme l’a dit Bernard Tapi : « J’ai menti, mais c’était de bonne foi. »

Rémi

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Edito N°148

Le 8 mars n’est pas un jour comme les autres. C’est la "Journée Internationale des Droits des Femmes", souvent rebaptisée de façon trop simplissime "Journée de la Femme" et qui se place entre celle de la vie sauvage (3 mars) et celle du bonheur (20 mars), précision parfaitement incongrue bien entendu. L’occasion de se questionner sur les droits des femmes, les acquis, les raisons de continuer à se battre. Une Journée Mondiale s’il vous plait, célébrée dans de nombreux pays. Certains en ont même fait un jour férié pour tous (grande cause nationale apparemment), d’autres un jour férié pour les femmes uniquement (bonjour l’égalité du traitement).

Question origine du mouvement et choix de la date, c’est la nébuleuse totale sur internet. Le point de départ, pour certain, serait une importante manifestation des ouvrières à New York le 8 mars 1857. Mais il pourrait s’agir d’un mythe car aucun journal américain de ce jour ne fait mention de cet évènement (ce qui n’est pas une preuve bien entendu). Ensuite, nombreux sont ceux qui revendiquent l’idée initiale d’une journée autour des droits des femmes. Ce serait, au choix : le Parti Socialiste Américain (c’est qui ? mystère) en 1909, le Congrès de l’Internationale Socialiste de Copenhague en 1910 ou 1911 (les sources s’y perdent) et d’autres variantes venant de divers pays d’Europe. Mais le plus beau, selon le site joursferies.fr, ce serait Lénine en personne qui, en 1921, aurait choisi cette date pour célébrer la Journée internationale de la Femme, en référence à celles qui, le 8 février 1917, avaient manifesté en réaction à la révolution russe. A noter que dans le même texte il est précisé : « La journée de la femme 2017 aura lieu le dimanche 8 mars. Le fait que la date soit un jour non travaillé permettra peut-être que les manifestations soient davantage suivies. » Sauf que ce 8 mars 2017 tombe un mercredi !

Restent que si de nombreuses actions pertinentes sont organisées à cette occasion, d’autres propositions, non sans ironie, le sont beaucoup moins. Parmi les mesures qui laissent dubitatif, celle qui propose qu’il n’y ait que des femmes à la TV ce jour-là ; ce à quoi d’autres suggèrent au contraire qu’il n’y ait que des hommes. Question de point de vue. Plus emblématique, un magazine féminin invite les femmes à chouchouter leur corps, à prendre le pouvoir sur la télécommande ou à décorer les sacs à mains avec les fleurs qu'on leur offrira ce jour-là. Pas facile de sortir des idées reçues et d’éviter une récupération commerciale.

N’empêche, alors que le match de football aller Barcelone-PSG (Ligue des Champions) tombait le 14 février (Saint Valentin), le match retour se tiendra le 8 mars (Journée des Droits des Femmes). Analyse journalistique que je tiens d’une animatrice TV parce que moi, le foot, j’y connais rien.

Et pour finir un petit florilège de citation de Margaret Thatcher : « Aucune femme ne sera Premier Ministre de mon vivant » ; « C'est le coq qui chante mais c'est la poule qui pond les œufs » ; « Je suis extraordinairement patiente, à condition que j’obtienne ce que je veux ».

Rémi

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Edito N°147

C’est un vrai drame que d’imaginer la disparition des caissiers et caissières avec le déploiement des caisses automatiques et l’augmentation des achats par internet. Une enseigne de grande distribution a récemment fait parler d’elle en annonçant le déploiement massif de ces caisses automatiques et donc, une diminution importante des postes de caissiers et de caissières. Certes, le métier est reconnu comme une activité pénible et c’est même un argument utilisé par les enseignes qui développent cette politique, plus simple que de rechercher des solutions pour améliorer les conditions de travail du personnel concerné. Mais, outre la dramatique conséquence sur la diminution de ces emplois, c’est tout un lien social qui est remis en question.

J’avoue céder parfois à la caisse automatique, gain de temps appréciable quand les files d’attentes semblent interminables devant les caisses mais c’est en toute sincérité que j’affirme largement préférer ce trop bref instant, intime et anodin, où je vais déballer le menu de mes prochains repas, la qualité de mon hygiène personnel, dévoiler la présence d’un animal domestique, la préparation d’une soirée de fête ou d’une petite dépression passagère soignée à coups de noix de cajou, de tablettes de chocolat et autre bombe chantilly. Les personnels de caisse sont les témoins complices et bienveillants de nos états d’âme.

C’est aussi l’occasion de croiser un jolie melting pot d’une population majoritairement féminine, balayant toutes les tranches d’âge et les sensibilités. Discrète, exubérante, chaleureuse, renfermée, courroucée, affable, tatouée… toutes les personnalités sont représentées. Le choix de la caisse se faisant selon le volume de la file d’attente, c’est donc le hasard qui décide de la rencontre qui va s’opérer. Pourtant, certains, et cela m’est arrivé dans mon plus jeune âge, choisissent volontairement celle ou celui devant lequel il va déballer son panier, construisant ainsi une complicité de long terme. Gamin, il y avait une caissière dans ma supérette locale qui me glissait parfois une confiserie, amusée semble-t-il par le « merciaurevoiràbientôt » que je débitais en trombe en quittant les lieux. J’espère qu’elle n’a pas eu de problème à cause de moi. D’autant que du haut de mes 12 ans, j’étais évidemment amoureux d’elle et qu’il m’est arrivé de lui apporter une fleur pour sceller l’union métaphysique qui nous liait.

Donc, chers dirigeants de magasin, ne supprimez surtout pas nos caissiers et caissières, sinon des hordes de pré-adolescents timides ne connaitront pas ces balbutiantes émotions qui les berceront toute leur vie.

Et pensez-y, en accrochant un caddie à votre bicyclette vous aurez un véritable vélo de courses.

Rémi

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Edito N°146

Ce matin d’entre les fêtes, je me réveille avec la revue de presse de ma radio quotidienne. Une info marque mon attention dans le registre « nos amis les chercheurs vous présentent leur dernière étude révolutionnaire sur un sujet indispensable ». Je sens d’instinct que je vais trouver l’inspiration pour le prochain édito à vous faire partager. Cette nouvelle étude, pondue par des scientifiques anglais, pourrait s’intituler : « aider son prochain rend heureux ». Belle entrée en matière, je ne suis pas déçu.

Selon eux, avoir des actes altruistes, voir le simple fait d’être témoin de gestes bienveillants, de courage ou de bonté, déclenche en nous une émotion dite d’élévation. Cela provoque de l’optimisme et nous pousse à nous comporter mieux, comme s’il y avait un effet de contagion. Imaginez les répercussions si l’on s’obligeait à faire preuve de plus de générosité. Quel belle résolution pour cette nouvelle année avec des répercussions des plus bénéfiques. Ne sachant trop ce que je vais faire de cette idée, un poil déconfit, j’hésite à me rendormir quand la suite de la revue de presse me sort définitivement de ma torpeur.

Car l’éditorialiste enchaîne par les déboires du bureau local du Secours Populaire de la ville d’Hayange (Moselle), que le maire tente d’expulser des locaux pourtant mis à sa disposition depuis des années. D’après lui, les responsables locaux du Secours Populaire « utilisent l’image » de l’association « pour faire de la politique », en s’appuyant, entre autre, sur le fait que la présidente locale de l’organisation caritative, Anne Duflot-Allievi, a aidé un collectif à organiser un repas pour des réfugiés. Du coup, il souhaite confier ces locaux à une autre association caritative, proche de son parti et dirigé par la député Mireille d’Ornano, alors que celle-ci a fait savoir qu’elle refusait le projet considérant qu’elle n’est pas en compétition avec le Secours Populaire qui, selon elle, a des moyens plus importants. Tant pis, le maire a envoyé un huissier et la police municipale pour récupérer les clefs. La rebelle Anne Duflot-Allievi a refusé de les remettre. Que nenni, le maire a fait couper l’électricité. Bien que dans la pénombre et sans chauffage, l’organisation continue à fonctionner et à aider les 800 bénéficiaires (dont 300 enfants) grâce à des dons inhabituels : éclairages mobiles de chantier, convecteurs, groupes électrogènes… Persévérant, le maire a refusé le prêt de la salle pour le traditionnel goûter de Noël. Pas grave, les bénévoles se plient en quatre pour entamer la "tournée des Pères Noël verts".

Moralité : si la générosité est contagieuse, certains sont immunisés. Meilleurs vœux quand même à tous, en particulier aux bénévoles désintéressés d’Hayange et tous ceux qui bénéficient de leur généreuse bienveillance. Et tant mieux si cela fait des émules.

Et comme le dit le proverbe : « la vitamine C, mais elle ne dira rien ».

Rémi

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Edito N°145

Enfin les fêtes de fin d’année arrivent avec leur cortège de guirlandes et de boules multicolores. C’est censé nous donner du baume au cœur et nous éloigner des tracas du quotidien. Mais que dire de la recherche de cadeaux originaux. Je me suis penché sur la question pour vous suggérer quelques idées afin de rendre inoubliable la fameuse cérémonie de l’ouverture des paquets mystérieux.

Dans le rayon animalier, une trouvaille totalement imprévisible, l’armure pour cochon dinde. Tout à fait utile si votre petit animal croise la route d’un chat affamé ou s’il a l’intention de partir bouter des envahisseurs hors de France. Un petit bémol néanmoins, la panoplie ne comprend ni hache, ni épée. Et un autre petit bémol, elle coûte 18.500 €.

Dans le rayon pâtisserie, un ustensile jusqu’à présent inutile mais aujourd’hui révolutionnaire, le coupe banane en forme de banane. Vous apprécierez le souci du détail et l’ingénieuse cohérence entre l’esthétique et l’usage. Et là, gros avantage, son prix raisonnable de 5 €.

Dans le rayon « je m’embellis sans fatigue », ne passez pas à coté du singe sécheur de vernis à ongle. Un très pratique gadget japonais pour faire sécher le vernis après application. Mesdames et messieurs (pour ceux qui pratiquent) fini les moulinets et autres trépidations du poignet, vous gagnerez désormais un temps précieux et réduirez considérablement vos efforts pour non pas 10, non pas 9 mais 8.90 € seulement. Une affaire.

Dans le rayon salle de bain, encore du très utile avec le pommeau de douche lumineux. Pour 19.90 €, votre douche matinale devient un instant fun ambiance boite de nuit disco mousse. Histoire de prolonger la fête de la veille. En plus, il y a plein de couleurs possibles, jaune, rouge, vert, bleu… qui incitera les plus audacieux à s’équiper d’un ensemble complet afin de changer chaque matin de nuances colorées.

Dans le rayon décoration, pourquoi ne pas opter sur l’horloge inversée, avec les aiguilles qui tournent dans le sens inverse (14.80 €). Dans la même idée, une amie avait une horloge qui se décomposait en 24 heures (et non 12 comme partout dans le monde). Et de noter que son gamin de 10 ans ne savait toujours pas lire l’heure. Tu m’étonnes.

Pour finir, au rayon boulot, le génial coussin classeur. Ou comment faire la sieste en toute discrétion, vos collègues étant persuadés que vous avez le nez collé à vos dossiers (19.99 €).

« L’humanité se classe en deux catégories : ceux qui classent l’humanité en deux catégories et les autres, dont je fais partie. » Gotlib

Rémi

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Edito N°144

Comment se remettre ce cette nouvelle affreuse du dedans de le monde, cause de longues nuits d'insomnies. Le divorce d'Angelina Jolie et de Brad Pitt, LE couple parfait. Enfin, pour être plus précis, disons que la plupart des hommes seraient ravis d'aller se coucher le soir en compagnie d'Angelina et que la plupart des femmes seraient enchantées de prendre une douche avec Brad, et vice et versa, toutes les combinaisons homme/femme, lit/douche étant envisageables selon les goûts, les préférences, le besoin de repos et le niveau d'hygiène de chacun, mais attention, l’option groupe reste à confirmer selon la dimension de la literie, la taille de la douche et l'ouverture d'esprit d'Angelina et de Brad.

Comme l'a expliqué un psy (oui, véridique, j'ai bien entendu sur une onde radiophonique un psychologue venir expliquer en quoi cette séparation était une source de stress pour certaines personnes), Jolie-Pitt (très rigolo à dire si vous le scandez 10 fois de suite sans reprendre votre souffle) symbolisait l’accord parfait du couple, l’équilibre idéal des sexes et surtout, une union durable et indéfectible. Cette séparation bouleverse ces certitudes et provoque une véritable panique en distillant l’idée que rien n’est immuable. Ne pouvant douter de la crédibilité d’un intervenant sur une radio nationale, cette analyse ne peut donc pas être mise en doute. D’où les nuits d’insomnie, les angoisses, les crises de panique. A noter au passage le silence assourdissant de nos politiques qui, une fois de plus, font preuve d’un manque de lucidité consternant en occultant de leurs récents discours toute analyse sur ce sujet crucial qui glace le sang du monde entier. Et je préfère ne rien dire sur leur mutisme concernant l’autre grand sujet d’actualité, la fin des playmates dans Playboy : affligeant !

Heureusement, les cinéastes remontent le niveau. Nous vous proposons en particulier dans ce programme 4 animations et débats autour de films et de sujets aussi importants que nécessaires. En particulier, celle sur le film FUOCOAMMARE, PAR DELA LAMPEDUSA. Une vision remarquable sur le drame des migrants dans un film documentaire d’une étonnante originalité et d’une puissance extraordinaire. Ainsi que la rencontre avec le réalisateur Yohan Laffort qui vient vous présenter son film LA PHILO VAGABONDE. Il a suivi un personnage hors-norme, Alain Guyard, qui a le talent d’élever l’âme autant que l’esprit et de placer la philosophie à la portée de tous. Egalement une soirée autour des déchets et une sur l’alimentation. Je vous suggère de préparer une dissertation de quatre pages sur le lien entre tous ces sujets et comment ils font appel à diverses parties de notre anatomie.

Et comme l’a dit Mohamed Ali (interview publiée dans Playboy en 1975) : « Qui a la même vision du monde à 20 ans qu'à 50, a perdu trente ans de sa vie. »

Rémi

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Edito N°143

J’ai décidé de vous faire l’économie de vous raconter mon séjour au Congrès des Exploitants, de vous résumer les débats sur l’après VPF, les problématiques des transports dématérialisés, des négociations avec les distributeurs et des autres sujets forts passionnants de la profession.

J’ai préféré vous faire un cadeau, celui d’un message, via un réseau social bien connu grâce auquel j’avais été mis en contact avec une amie d’une autre vie, à l’époque du lycée où l’on faisait ensemble du théâtre amateur. Ce message est tellement beau, que je voulais, avec l’accord de cette amie, le partager avec vous.

2 octobre 2016

Vent et Marée. J’ai acheté de la poissonnerie compliquée : des encornets entiers et du maquereau. Je ne sais pas les cuisiner. Je ne sais pas cuisiner. Je laisse ce talent à ma mère. Je regarde les encornets dans la passoire. Ce sont des animaux extraordinaires, beaux et moches à la fois, j’aime leur étrangeté physique, leur texture élastique. Les tentacules, les gros yeux, le corps blanc et la poche d’encre cachée on ne sait où, vague sentiment de danger, manipulation méticuleuse, je suis démineur, je dois dégager le fil bleu sans couper le fil rouge.

Google. « préparer des encornets ». Une vidéo rassurante, le ton allègre du pédagogue, ses mains précises, agiles. J’apprends que le truc en plastique qu’il y a dans le corps blanc s’appelle une plume. Je découvre qu’il y a un bec. J’ai donc à faire à un drôle d’oiseau. Les mains expertes m’ont montré où était le détonateur. La poche d’encre qu’il faut extraire sans la percer. Ok. Je m’attaque aux oiseaux des mers. Je suis bonne élève. C’est fait.

J’ai fait mijoter une sauce tomate. Les oignons m’ont fait pleurer. J’épile les filets de maquereau. J’ai appris ça aussi, les poissons ça s’épile. Cubes et rondelles dans la sauce. Bruit de petits bouillonnements sous le couvercle. A feu doux. Ça sent bon.

Aujourd’hui c’est l’anniversaire de mon Petit Père. Le compteur est arrêté. La nuit de sa mort maman a cuisiné. Il était 4h du matin. Nous rentrions avec ma sœur de l’hôpital, nous avions laissé son corps aux infirmières, nous commencions à apprendre, sans le savoir, son absence. Et dans l’appartement ça sentait l’oignon frit, maman cuisinait comme on allume des bougies et de l’encens.

Chaque matin maman cuisinait avant que mon père ne se lève. Je la soupçonne d’avoir travaillé les bonnes odeurs rien que pour lui. Chaque matin il se levait et disait « ça sent bon… j’ai faim » ce qui voulait dire bonjour. Chaque matin c’était leur rituel.

Bon anniversaire mon Petit Père.

Sonia

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Edito N°142

Pas encore remis des congés d’été, je profite de la moindre occasion pour continuer à m’adonner à mon activité favorite pendant les vacances, faire des quizz entre amis. Et voilà qu’après la formule « Le Cœur a ses raisons… » (voir édito du mois dernier), une nouvelle citation a largement occupé la conversation lors de notre dernière partie : « honni soit qui mal y pense ».

A priori, rien de particulier à commenter sur le sens de cette phrase : c’est sur la personne qui voit le mal dans des actes anodins que revient la honte (honni signifiant méprisable). Tout le sel de la formule revient à son origine ou du moins à la légende d’où elle est tirée.

Imaginez vous en l’an 1348 à la cour d’Angleterre sous le règne du roi Édouard III, officiellement père de 12 enfants, qui revendiqua la couronne de France, l’une des causes de la guerre de 100 ans qui en dura 116. Au cours d’un bal, tandis que le roi danse avec sa favorite du moment, la jeune Jeanne de Kent, comtesse de Salisbury, celle-ci perd malencontreusement sa jarretière qui glisse à terre. Devant les quolibets moqueurs qui montent de l’assemblée, le roi ramasse galamment la jarretière, la noue à son genou et coupe court aux railleries par ces mots : « Messieurs, honi soit qui mal y pense. Ceux qui rient maintenant seront très honorés d'en porter une semblable, car ce ruban sera mis en tel honneur que les railleurs eux-mêmes le chercheront avec empressement. »

Et c’est ainsi que le roi Édouard III créa, le 23 avril 1348 (date tout à fait hypothétique), le très noble ordre de la Jarretière (Most Noble Order of the Garter), le plus élevé des ordres de chevalerie britanniques et qui perdure encore aujourd’hui, après bien des aménagements, mais qui a toujours gardé sa devise : « honi soit qui mal y pense ».

Plusieurs remarques s’imposent. D’abord, il n’y a qu’un seul n à honi dans la devise, ce qui montre le piètre niveau en orthographe du roi Édouard III. Ensuite, que beaucoup de nobles cœurs doivent pâlir de jalousie devant un acte aussi majestueux en l’honneur d’une belle dame. Enfin, qu’à défaut de trouver une quelconque utilité à un ordre de simple prestige, une belle légende peut suffire à marquer l’histoire.

Reste une question qui me turlupine : à quoi ressemblait une jarretière en 1348. Soucieux de pousser mes investigations jusqu’au bout, j’ai donc tapé sur mon moteur de recherche internet « images de jarretières en 1348 ». Je vous laisse faire l’expérience ; vous trouverez dans un joyeux capharnaüm un florilège d’images de la famille royale de Grande-Bretagne, d’écussons plus inconnus les uns que les autres, de peintures anciennes et de sous-vêtements affriolants.

Un conseil avant de vous laisser vaquer à vos occupations, allez voir les excellents et méconnus Comencheria et Mr Ove.

« Elle finit par laisser tomber sa jarretière ; Zadig la ramassa avec sa politesse ordinaire, mais il ne la rattacha pas au genou de la dame ». Voltaire

Rémi

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Edito N°141

Pendant les vacances, certains grillent au soleil, d’autres s’amusent dans des parcs d’attractions, quelques-uns visitent des sites touristiques… Moi je fais des parties de quiz en famille (ouais, je sais, trop intello). On est tombé sur : qui a dit “”Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point””. Réponse unanime (ou presque) : Blaise Pascal. Et là, mon frère nous fait remarquer que cette citation est communément mal interprétée. Je me suis donc tourné vers internet pour connaître le fin mot de l’histoire et je suis tombé sur une discussion entre internautes. Extrait.

loute452 : svp, aidez-moi, que veut dire cette phrase ? (accroche directe, pile ce que je cherche) / lolotte1893 : je sais pas, j'écoute que mon cœur (facile) / damsoi01 : cette phrase signifie que ce que tu ressens avec ton cœur n'est pas toujours explicable et que l'on ne peut pas forcément trouver une cause logique... j'espère que cela t'aura éclairé (j’ai comme un doute) / loute452 : merci, mais… je comprends pas (c’était prévisible) / lolotte1893 : quand c'est le cœur qui décide on n'est plus raisonnable, voilàààààà, c'était la leçon de philo de lolotte (merciiiiii lolotte de redonner toutes ses lettres de noblesse à cette discipline, Pascal doit être vert de jalousie) / rubis907 : à la première lecture c’est compliqué mais en fait cela veut dire que l’amour peut faire que nous ayons des réactions que nous n’aurions pas en temps normal (mine de rien, ça fait avancer le débat) / loute452 : et donc, il ( ? ) préfère suivre sa raison, la stabilité, que son cœur, l'infidélité (ok donc en fait, loute452 vient de se faire plaquer et elle tente vaillamment de comprendre les arguments fumeux que lui a débité son ex-petit ami) / suavebouchette : c'est bizarre tous parlent du cœur comme d'une cervelle, mais le cœur n'a pas de sentiments, ce n'est qu'une pompe qui conduit le sang (bravo suavebouchette, tu sais comment casser l’ambiance et sinon, pourrais-tu, à l’occasion, nous expliquer la signification de ton énigmatique pseudo).

Après réflexion et autant de recherches, le sens communément donné à cette citation, c’est que pour expliquer des actes incompréhensibles et irrationnels, souvent du domaine amoureux, nous en déduisons qu’ils sont dictés par nos sentiments, que nous ne maîtrisons pas. Avec l’idée que ça nous rend idiot.

Mais on oublie que cette citation reflète la théorie de Pascal sur la croyance religieuse, selon laquelle le cœur est une meilleure voie d’accès à Dieu que la raison. Ainsi Pascal place l’intuition et l’émotion au-dessus de l’esprit et la logique. Et d’interpréter qu’il suggère qu’on devrait plus écouter nos sentiments que nos pensées, car c’est ainsi qu’on s’améliore.

Et maintenant, comment expliquer ça à loute452 !

« Deux excès : exclure la raison, n’admettre que la raison. Reconnaître qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent ; elle n’est que faible. Le cœur a ses raisons, que la raison ne connaît point ; on le sait en mille choses. Est-ce par raison que vous vous aimez ? » Blaise Pascal, Pensées

Rémi

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Edito N°140

Ecrire cet édito avec la modeste intention de faire sourire est bien compliqué quelques jours après cet effroyable carnage de ce funeste 14 juillet 2016. Bien sûr, nous ne cèderons pas devant cette barbarie, nous continuerons à suivre nos modes de vie, même s’il n’est pas facile d’avoir la tête vide et le cœur léger pour profiter des joies innocentes d’une baignade dans l’eau fraiche, d’un apéro (avec modération) entre copains, d’un concert sous les étoiles, d’une sortie au cinéma.

D’habitude, pour l’été, je vous propose une petite série de blagounettes et autres quizz absurdes. Et bien gardons la tradition ! Pour commencer, une série de questions existentielles sans réponses. C’est absurde, mais ça devrait occuper vos soirées d’été.

« Comment savoir que la petite lumière dans le frigo s’éteint quand on referme la porte ? » ; « Pourquoi les biscuits durs deviennent-ils mous et inversement ? » ; « Pourquoi existe-t-il du papier hygiénique parfumé à la vanille et pas au chocolat ? » ; « Pourquoi le mot "séparés" s’écrit-il en un mot, alors que "tous ensemble" s’écrit en deux mots ? » ; « Quand l’homme a découvert que la vache donnait du lait, que cherchait-il exactement à faire ? » ; « Pourquoi faut-il s'armer de patience pour tuer le temps ? » ; « Pourquoi les supers héros portent-ils des collants et les juges des robes ? » ; « Quel est le synonyme de synonyme ? » ; « Comment s'appelait le Capitaine Crochet avant de perdre sa main ? » ; « Peut-on cuire des coings dans une casserole ronde ? » ; « Qui a testé la nouvelle pâtée pour chien au goût amélioré ? ».

Ensuite, mettons la barre à un haut niveau de spiritualité, avec une sélection de petites phrases spéciale drague. Attention, âmes sensibles s’abstenir, planquez vos enfants, avec ces belles paroles, les amours de vacances vont s’envoler cet été.

« Mademoiselle, je vais t’appeler Google, parce que quand je te regarde, je trouve tout ce que je recherche » ; « Si tu étais un hamburger, tu serais le Mc-Gnifique » ; « J’aimerais être une goutte de sang pour irriguer ton cœur » ; « Vous êtes plus craquante qu’une biscotte » ; « J’imagine que vous n’embrassez pas les inconnus alors laissez-moi me présenter » ; « Vous préférez manger chinois ou chez moi ? » ; « Embrassez-moi si je me trompe : les dinosaures existent toujours ? » ; « J’étais tellement fasciné par votre beauté que je me suis écrasé le nez contre un poteau ; je vais avoir besoin de votre nom et de votre numéro de téléphone pour mon assurance » ; « Puis-je avoir votre photo pour montrer au Père Noël ce que je veux comme cadeau » ; « T’as de beaux yeux tu sais… et les deux en plus ».

Et n’oubliez pas qu’une vache a huit pattes : deux devant, deux derrière, deux à droite et deux à gauche !

Rémi

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